Un train Intercités parti lundi soir de Paris-Austerlitz a eu cinq heures de retard et est arrivé vers 11 h 45 ce mardi en gare de Toulouse-Matabiau. La locomotive a subi deux avaries et les naufragés ont dû attendre une nouvelle locomotive pour repartir de l’Indre, où leur train était stationné. Les usagers, fatigués, mais aussi en colère pour certains, ont dû prendre leur mal en patience. On vous explique ce qu’il s’est passé.
Ils auraient dû arriver à 6 h 44 en gare Matabiau. Mais peu avant 11 heures ce mardi matin, les passagers de l’Intercités partis à 22 heures de Paris-Austerlitz pour rallier aux aurores la Ville rose se trouvaient toujours dans la campagne entre Cahors et Montauban. Avec près de cinq heures de retard sur l’horaire prévu, le train est arrivé vers 11 h 45 à Toulouse.
Panne de locomotive
« On est très fatigués. On s’est rendu compte vers 2 h du matin que le train était stationné depuis un moment et qu’il ne repartait pas », raconte Jean Olivier, un Toulousain présent dans le train. À bord, dans ce train-couchettes, des gens qui venaient pour le travail ou encore des familles. L’Intercités était plein de naufragés.
« Le conducteur nous a expliqué qu’il y avait des hausses et des baisses de tension alors que nous étions près de Châteauroux. Les batteries qui avaient pris le relais sont tombées à plat. Le conducteur a essayé de réparer durant une heure et puis on nous a envoyé une locomotive partie de Brive vers 4 h. Nous avons pu repartir vers 7 heures du matin », témoigne l’usager.
Un problème confirmé par SNCF Voyageurs. « L’Intercités de nuit Paris-Toulouse a rencontré une première défaillance matérielle à hauteur de Châteauroux. Grâce à l’appui d’une équipe d’experts à distance, le conducteur a pu se dépanner et reprendre son parcours. Plus tard, une nouvelle panne est survenue à hauteur d’Argenton-sur-Creuse. Malgré l’appui du pôle d’experts à distance, le train n’a pu repartir et la locomotive a dû être remplacée », indique l’entreprise ferroviaire.
Ravitaillés en gare
Avant d’ajouter qu’à bord « les équipes étaient mobilisées auprès des voyageurs pour les tenir informés de l’évolution de la situation et leur proposer des bouteilles d’eau.En parallèle, d’autres équipes de SNCF Voyageurs ont organisé un avitaillement en coffrets-repas lors du passage du train à Limoges. Un autre avitaillement en coffrets-repas est également prévu pour l’arrivée du train à Toulouse », poursuit SNCF Voyageurs qui indique regretter « sincèrement les désagréments causés par ces perturbations aux voyageurs ».
« À 7 h du matin, en gare d’Argenton-sur-Creuse, les gens étaient en colère. Les personnels de la SNCF présents dans le train étaient démunis et n’avaient pas toutes les informations. Les voyageurs ont fini par prendre leur mal en patience. Certains qui avaient des rendez-vous et réunions à Toulouse en matinée ont pris des trains pour retourner sur Paris », poursuit Jean Olivier, qui a pu assurer de son côté tant bien que mal une réunion prévue en visio.
« Système à bout de souffle »
Pour ce voyageur, par ailleurs coprésident des Amis de la Terre Midi-Pyrénées, cette galère est symptomatique d’un problème plus général. « Cela fait des années que les cheminots alertent, le système est à bout de souffle. Lundi, il y a eu un retard de 7 h 40 sur un train Paris-Clermont, en une semaine il y en a eu plusieurs de ce type. Tous les financements sont captés par les travaux de la LGV Bordeaux-Toulouse, mais il faut prioriser les moyens et mettre le paquet sur les lignes existantes », plaide ce militant associatif qui prenait son mal en patience comme les autres usagers à bord.
SNCF Voyageurs indique de son côté que les voyageurs pourront évidemment bénéficier de mesures de dédommagement après ce retard important.












