Le procès de Jean-Luc Bravo, 31 ans, s’est ouvert ce lundi devant la cour d’assises de la Haute-Garonne. Ce Martiniquais est accusé d’avoir tué Marine, 20 ans, et tenté de tuer Lucas, son compagnon, à Saint-Orens-de-Gameville, dans la soirée du 1er juillet 2022. Ce double crime sanglant, avec plus de cinquante coups de couteau, a-t-il été prémédité ? Les enquêteurs en sont persuadés. L’accusé repousse l’idée de faits préparés. À Toulouse, le procès doit durer toute la semaine.
« Pour la famille, les personnes sensibles, il est préférable de quitter la salle… » Prévenante, la présidente Valérie Noël préfère patienter que les bancs de la salle d’audience de la cour d’assises de la Haute-Garonne se vident. Souvent vêtues d’un tee-shirt blanc, avec la photo d’une jeune fille souriante ou faussement boudeuse, plusieurs personnes se lèvent, accompagnées par Me Ravyn Issa, leur avocate.
À la barre, l’adjudant de gendarmerie poursuit son compte rendu. Après les premiers pas de l’enquête brossés avec précision, sans le moindre doute sur l’implication de Jean-Luc Bravo, il détaille l’horreur. Les photos réalisées le soir des crimes, le 1er juillet 2022 à Saint-Orens-de-Gameville, aux portes de Toulouse, tétanisent les présents. L’accusé, regard sur ses chaussures, impassible, évite d’observer.
Pourquoi ces crimes ?
Pourquoi cet homme, qui travaillait dans le même restaurant que la victime, a-t-il marché pendant plus de deux heures ce vendredi soir pour rejoindre, par derrière, la maison où vivait la jeune femme ? Lui a évoqué une histoire de dette après une colocation et « des explications nécessaires ». Les enquêteurs n’y croient pas. L’avocate générale Alice Gardair non plus.
Quand Lucas, l’ami de Marine, est arrivé chez son amie après le travail « à 22 h 26 selon la caméra d’un garage, en face », détaille le gendarme, il a entendu des hurlements. « Il est vite intervenu. » Lui aussi a reçu de nombreux coups de lame de celui qu’il connaissait. « Il a pensé le calmer en lui demandant d’alerter les secours pour sauver Marine. Quelques secondes après, il lui a resauté dessus… »
Un coup de couteau à la gorge. « Il a fui. L’instinct de survie l’a sauvé », indique l’enquêteur. Ce garçon est parti en courant vers la rue. Des témoins, les secours et les médecins qui l’ont opéré en urgence l’ont sauvé. Défendu par Me Martin Vatinel, ce garçon ne dissimule pas son malaise et préfère se lever pour éviter la diffusion des photos.
Prémédité ? « Pas du tout… »
L’accusé et son avocate, Me Myriam Merzougi-Lafargue, connaissent la gravité des accusations. « Oui, c’est moi », lâche l’accusé à propos des faits. « Avez-vous prémédité ? », interroge la présidente. « Pas du tout… », assure, ton sec, ce garçon qui s’est livré trois heures après les faits. « Les investigations démontrent le contraire », prévient l’ancien enquêteur de la brigade des recherches de la compagnie de Villefranche-de-Lauragais.
Dans le jury, quatre femmes et deux hommes découvrent un dossier où la violence extrême n’est pas réellement expliquée. Peut-être se trouve-t-elle dans l’enfance de Jean-Luc, qui a grandi sous le soleil des Antilles auprès d’un père violent et d’une mère peu concernée par son éducation. « Un père violent, une mère peu protectrice et une éducation sans cadre », résume la présidente. L’enquêteur de personnalité confirme. Sous ses dreadlocks, l’intéressé n’est pas d’accord.
Poursuivi pour « assassinat » et « tentative de meurtre précédée d’un autre crime », il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Verdict attendu vendredi.














