Le plongeon de grande hauteur, ou cliff jumping, séduit de plus en plus d’amateurs de sensations fortes. Malgré son interdiction en France, certains, comme Tristan, s’imposent des règles strictes pour limiter les risques d’un sport aussi spectaculaire que dangereux.
Après avoir franchi une ouverture forcée dans un mur de béton, c’est sur un pont abandonné que l’on retrouve Tristan. Sa passion ? Le cliff jumping (saut de falaise) : « Ça consiste à sauter des hauteurs, soit des ponts en ville, soit des arbres, falaises, rochers en nature […] on saute droit ou en faisant des figures pour se faire plaisir », explique le jeune homme, qui suit l’actualité de ce sport extrême avec assiduité depuis quelques années.
Si la pratique de ce sport est interdite en France, Tristan refuse de réduire sa pratique à « l’inconscience » : il suit un protocole méthodique avant chaque saut.
La première règle : toujours être en groupe. En cas de choc ou de perte de connaissance, il faut toujours quelqu’un qui puisse le récupérer ou appeler les secours. « Généralement, quand on meurt d’un saut, ce n’est pas à cause du choc ou de l’atterrissage, mais parce qu’il n’y a personne en bas pour te récupérer », précise-t-il.
Deuxième règle : il contrôle les profondeurs. Muni de son masque, il « vérifie dans un gros périmètre de dix mètres autour de là où il pense atterrir qu’il n’y ait pas de rochers, de barres de fer, de branches […] j’ai aussi un mètre pour vérifier la hauteur ».
Et enfin, être sûr de ses capacités, notamment quand il y a des figures : « Je lance des cailloux avant pour vérifier l’endroit où je vais tomber et le temps en l’air, parce que si tu tournes trop ou pas assez, tu peux vite te prendre un gros plat et ça fait mal. »
L’euphorie, l’effet de groupe, l’envie d’impressionner dans des soirées alcoolisées, pour ce pratiquant expérimenté, le danger vient surtout de là. Avec la fin des cours et la hausse des températures, Tristan sait que beaucoup vont tenter l’expérience, avec bien moins de rigueur.
Ces sauts urbains sont passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à 150 euros. Au-delà de la sanction financière, les services de secours rappellent fermement qu’ils ne doivent pas être considérés comme un simple filet de sécurité au service de ces pratiques inconscientes.












