Aeroscopia vient d’ajouter une nouvelle pièce à sa collection, et quelle pièce… le Beluga ST. L’un des cinq exemplaires construits par Airbus a rejoint le tarmac Nord du musée et promet d’être la nouvelle attraction phare.
C’est une sacrée prise que vient de faire Aeroscopia dans ses filets. Le musée aéronautique toulousain devient en effet le premier au monde à compter dans sa collection l’une des mythiques « baleines » d’Airbus, un Beluga ST. Ce géant des airs aux allures de cétacé est une pièce rare, il n’a été construit qu’à cinq exemplaires.
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Pour l’accompagner dans son dernier voyage, il y avait foule ce 24 juin au matin le long de la rue Roger Béteille à Blagnac. Malgré un soleil de plomb et une chaleur déjà écrasante, un millier de salariés de l’avionneur européen, des dizaines de journalistes et de photographes passionnés d’aviation, et de nombreux curieux étaient là pour assister à ce moment historique.

Stationné aux abords de l’usine Jean-Luc Lagardère, le Beluga numéro 4 a eu droit à un dernier hommage de ses « collègues » avant de rejoindre le musée. Peu avant 9 h 30, un Beluga ST encore en service, puis un Beluga XL, sont en effet venus le saluer dans le ciel avant de mettre le cap sur les sites d’Airbus de Brême et de Hambourg. Ensuite, l’avion de transport exceptionnel a commencé à avancer, poussé par un puissant tracteur, jusqu’au tarmac nord d’Aeroscopia.

« Un moment très fort en émotions »
Après quelques ajustements pour le positionner au millimètre près entre l’A340-600 et l’A380, le Beluga ST s’est finalement immobilisé sous les applaudissements. Le fruit de six mois de préparation. « Il a fallu le préparer », explique Michael Murphy, le responsable du patrimoine historique d’Airbus. « Avant de l’exposer, nous avons dû enlever le carburant des réservoirs, les fluides hydrauliques, démonter les moteurs pour qu’ils servent sur d’autres avions, s’assurer que les pneus étaient bien gonflés, etc. Aujourd’hui, c’est un moment très fort en émotions. Voir un avion prendre sa retraite, ça n’arrive pas tous les jours. »
Dès demain, jeudi 25 juin, les visiteurs d’Aeroscopia pourront l’approcher de près et découvrir ce géant des airs de 17 m de haut et de 90 tonnes à vide. »C’est super impressionnant de le voir de si près, on se rend vraiment compte de sa taille et l’effet wahou est là », s’enthousiasme Loick, un passionné d’aviation invité par le musée. Pour Kévin, qui a été mécano sur le Beluga pendant plusieurs années, l’émotion est aussi palpable… « C’est un avion emblématique qui est connu dans le monde entier ! J’ai bien sûr un petit pincement au cœur de ne plus le voir voler, mais je suis heureux qu’il entre au musée, beaucoup de monde va maintenant pouvoir en profiter », se réjouit-il.

Un ascenseur pour accéder à la soute
Pour monter à bord de cet appareil qui a effectué plus de 4 400 vols entre 1998 et 2025, il faudra cependant patienter encore deux ans. Des travaux pour le rendre accessible au grand public sont nécessaires. « Nous allons découper l’appareil à l’arrière pour créer une entrée dans la soute de l’avion, il y aura une sorte de tour avec un ascenseur au centre et un escalier autour », explique Guillaume Manet, le directeur du musée Aeroscopia. Le cockpit, trop étroit, ne sera en revanche pas ouvert aux visiteurs.
Véritable icône de l’industrie aéronautique, le Beluga a transporté dans son ventre pendant plus de trente ans des pièces d’avion volumineuses entre les différents sites d’Airbus en Europe : des ailes, des tronçons de fuselage, mais aussi des satellites et des hélicoptères. Son arrivée au musée devrait booster les entrées. Aeroscopia prévoit en effet une croissance de 10 % de la fréquentation cette année par rapport à 2025. Après l’effet papillon, voici l’effet baleine.








