Le chantier du centre de performance du TFC à Toulouse aurait poursuivi ses activités ce mardi après-midi sur l’île du Ramier, malgré l’arrêté préfectoral de vigilance rouge canicule interdisant les travaux de BTP extérieurs entre 12 h et 20 h. Alors que l’inspection du travail renforce ses contrôles, l’assistant à maîtrise d’ouvrage LP Promotion mène des vérifications. Le TFC affirme que la réglementation a été respectée. Quelqu’un a-t-il donné l’ordre de renvoyer les ouvriers sous 47 °C au soleil ? La Dépêche a recueilli des témoignages.
« On est lessivés, c’est scandaleux », lâche un ouvrier sous couvert d’anonymat. Plus de 47 °C au soleil, plus de 40 °C à l’ombre, pourtant certains chantiers en extérieur se poursuivent à Toulouse. C’était le cas ce mardi après-midi au futur centre de performance du TFC. La réhabilitation de l’ancien restaurant universitaire Daniel-Faucher, après une première séquence engagée en janvier 2024, a redémarré en octobre dernier. Et pas de répit en pleine canicule mardi. Pourtant, sur décision du préfet, s’agissant des territoires de Toulouse Métropole et du Sicoval, « les activités de chantier dans le secteur du bâtiment et des travaux publics réalisées en extérieur seront suspendues entre 12 h et 20 h pendant toute la durée de la vigilance rouge ».
Le préfet ordonne l’arrêt, le chantier continue
Doivent-ils travailler en pleine journée pour tenir les délais ? Au cœur de l’île du Ramier, mardi, les ouvriers âgés de plus de 50 ans tirent la langue. Les plus jeunes aussi. Sur le toit, couvreurs et charpentiers s’affairaient : « On avait juste une bouteille nominative, à remplir au robinet », explique un des travailleurs. « À midi, personne ne s’est arrêté et quelques-uns n’ont même pas mangé », confie un témoin. Un groupe de trois charpentiers quitte le site vers 15 heures et confirme : « Nous, ça va, on a tout prévu, nous avons une glacière avec les bouteilles d’eau à l’arrière de la camionnette ».
« Pas de restriction formelle » selon l’encadrement
Le chef de chantier, salarié de l’entreprise Girou, se défend : « Nous n’avons pas d’interdiction formelle d’arrêter le travail », assure-t-il, affirmant pourtant que les ouvriers « ne travaillaient pas en extérieur durant l’après-midi ». Ce que nos observations et divers témoignages démentent. La préfecture assure de son côté que les consignes de vigilance « ont été transmises à l’ensemble des partenaires » et que « les contrôles de l’inspection du travail sont renforcés pendant la période ».
Donneurs d’ordre : l’un investigue…
De son côté, LP Promotion, qui intervient en qualité d’assistant à maîtrise d’ouvrage auprès du Toulouse Football Club, décline toute responsabilité. L’entreprise indique qu’elle n’assure ni la direction des équipes sur le terrain ni l’organisation quotidienne des travaux, des missions qui relèvent selon elle des entreprises concernées et de la maîtrise d’œuvre chargée du suivi d’exécution. Le groupe ayant pris connaissance de nos informations, il précise toutefois que « les vérifications nécessaires sont actuellement en cours auprès des intervenants concernés afin d’établir précisément les circonstances et les éventuelles consignes qui leur avaient été transmises ».
… l’autre affirme que tout est en règle
Le TFC affirme, lui, que « dès la publication des mesures préfectorales, le maître d’œuvre du Toulouse FC a demandé aux entreprises prestataires intervenant en extérieur sur le chantier du centre de performance de suspendre leurs activités et de quitter le site » et « seuls les prestataires réalisant des travaux à l’intérieur des bâtiments sont demeurés sur le chantier ». « Le Toulouse FC, son maître d’œuvre et l’ensemble des entreprises concernées ont veillé à l’application des dispositions préfectorales dès leur entrée en vigueur ».










