Située place Antonin-Froidure, dans le quartier Borderouge à Toulouse, une résidence équipée d’une piscine privée est confrontée à des intrusions répétées depuis plusieurs années. Chaque été, des groupes de jeunes s’introduiraient dans la copropriété pour profiter du bassin, au grand désarroi des habitants. Ces derniers dénoncent un sentiment d’abandon face à un phénomène qu’ils jugent de plus en plus fréquent et qui alimente les tensions au sein de la résidence.
Quand les températures grimpent, Patricia sait déjà à quoi s’attendre. Depuis son appartement donnant sur une résidence située place Antonin-Froidure, à Toulouse, cette retraitée observe régulièrement des groupes de jeunes escalader les clôtures pour accéder à la piscine privée de la copropriété.
« Les premières années, nous étions tranquilles. Puis les intrusions se sont multipliées au fil du temps », assure cette membre du conseil syndical. Selon elle, le phénomène se produit quotidiennement pendant la période estivale, parfois plusieurs fois par jour.
Pour tenter d’enrayer le problème, la copropriété a multiplié les investissements : installation de dispositifs anti-escalade, renforcement des accès et même recrutement d’un vigile en soirée. Sans succès. « Dès qu’il part, ils reviennent », soupire Patricia. « Ils connaissent parfaitement les horaires. »
« On descend à plusieurs pour les faire partir »
Selon les habitants, les intrus profitent notamment du portail réservé aux véhicules pour pénétrer dans l’enceinte de la résidence avant d’escalader les barrières de la piscine. Face à cette situation, certains résidents s’organisent eux-mêmes. Un groupe WhatsApp a été créé pour signaler les intrusions et intervenir collectivement. « On essaie de ne jamais descendre seuls, mais parfois on se retrouve à deux face à une dizaine de personnes », raconte Patricia.
Une vidéo transmise à La Dépêche du Midi montre d’ailleurs l’une de ces altercations. Selon Patricia, les images ont été tournées l’an dernier dans le jardin de la résidence, à proximité de la piscine. On y voit un copropriétaire pris à partie par plusieurs jeunes. L’altercation serait survenue après que celui-ci leur a demandé de quitter les lieux. « On a transmis cette vidéo à la police », affirme-t-elle.
Les nuisances ne se limiteraient pas aux baignades sauvages. Musique à plein volume en pleine nuit, cris et rassemblements tardifs figurent également parmi les griefs avancés par les copropriétaires. « Une nuit, ils étaient une quinzaine dans la piscine avec une enceinte. Il était quatre heures du matin », se souvient la retraitée.
Un sentiment d’abandon
Ce qui exaspère le plus les habitants, c’est l’impression de ne pas être entendus. Patricia affirme avoir contacté à plusieurs reprises Allô Toulouse et les forces de l’ordre pour signaler les intrusions. « On nous répond qu’ils ne se déplacent pas pour une intrusion », assure-t-elle.
Avec d’autres résidents, elle dit également attendre depuis plusieurs mois un rendez-vous avec la mairie de quartier afin d’évoquer la situation. « On a acheté ici parce qu’il y avait une piscine. On paie des charges pour l’entretenir et, aujourd’hui, certains copropriétaires envisagent de la fermer », regrette-t-elle. « Ce serait vraiment dommage. Ce serait céder face à ceux qui nous compliquent la vie. »
La mairie met en avant son rôle d’accompagnement
Interrogée par La Dépêche du Midi, la mairie de Toulouse assure avoir été alertée des intrusions signalées dans cette résidence de la place Antonin-Froidure. La maire de quartier, Valérie Jacquet-Violleau, indique avoir échangé avec le syndic et le conseil syndical.
À sa demande, une visite de sûreté a été menée par la Police nationale en août 2024. Plusieurs recommandations ont alors été formulées afin de limiter les intrusions, notamment sur l’éclairage, le contrôle des accès ou encore la clôture entourant la piscine.
La municipalité rappelle toutefois que la résidence étant privée, la sécurisation des lieux relève d’abord de la responsabilité de la copropriété et de son syndic. Au 19 juin 2025, trois signalements liés à cette problématique avaient été enregistrés via Allô Toulouse.









