Jean-Luc Moudenc, pour qui « la sécurité est la première des priorités », dévoile ses propositions en matière de lutte contre le narcotrafic et les violences sexistes et sexuelles, en vue des Municipales 2026 à Toulouse. Parmi ses mesures phare, le développement des caméras de vidéoprotection, et surtout, la création de deux nouvelles brigades, entièrement dédiées à ces « fléaux ».
Dissuasion et répression. Voilà les maîtres-mots de Jean-Luc Moudenc en matière de sécurité, sujet dont il a fait sa priorité depuis 2014, lors de son accession au Capitole. « Ce n’est donc pas par opportunité électorale mais bien par conviction » que le maire sortant de Toulouse entend poursuivre sa feuille de route pour « garantir la tranquillité » des habitants de la Ville rose.
De son dernier mandat, le maire, candidat à sa réélection, dresse un bilan positif. « 48% de cambriolages en moins, -10% de vols de véhicules, -25% de vols contre les personnes, -59% de vols avec violence… » énumère Jean-Luc Moudenc, précisant qu’il s’agit là de chiffres comparés entre 2016 et 2024. Des résultats qui, selon lui, sont dus à la politique offensive mise en place par sa majorité. « Sur cette même période, nous sommes passés de 165 à 390 policiers municipaux, armés 24 heures sur 24. Nous avons obtenu 50 policiers nationaux supplémentaires sur le premier mandat, et 115 sur le second. Mais également 22 magistrats et greffiers. Nous sommes passés d’une vingtaine de caméras de vidéoprotection à 710 », poursuit-il.
Une politique qu’il souhaite donc étendre à son potentiel troisième mandat : « Nous porterons le nombre de policiers municipaux à 500 et nous actionnerons le second volet du Contrat de sécurité intégré, signé en 2020 avec le Premier ministre de l’époque Jean Castex, qui garantira le renfort de policiers nationaux. » Mais ce satisfecit ne doit pas masquer les points noirs au tableau. Toulouse n’est pas épargnée par « les fléaux contemporains, que sont le narcotrafic et les violences sexistes et sexuelles ».
Une brigade dédiée à la lutte contre le narcotrafic
Si la lutte contre le narcotrafic relève de la compétence de l’État, Jean-Luc Moudenc promet « de le soutenir dans cette tâche, par le déploiement d’outils municipaux, à commencer par les caméras de vidéoprotection, dont 1 400 de plus seront installées ». La coopération entre polices nationale et municipale sera ainsi accrue. Mais, au-delà de la simple mise à disposition des images à la première, la seconde sera proactive en la matière. « Nous allons créer une brigade de lutte contre les points de deal à Toulouse », annonce l’édile, dont le nombre est déjà passé de 50 à 38 selon les forces de l’ordre.
Leur méthode ? « Le harcèlement ». Ils interviendront, de manière fréquente et répétée dans des zones identifiées. Leurs moyens ? « De 20 à 40 agents (chiffres encore à définir), et surtout, une potentielle nouvelle loi. En effet, un texte, adopté en première lecture par le Sénat, doit permettre aux policiers municipaux d’élargir leur pouvoir. « Il leur permettra de réaliser, après constatation vidéo, des interpellations directes et d’asséner des amendes forfaitaires délictuelles. Plus besoin de passer par des procédures à rallonge, la sanction sera immédiate ! » détaille Emilion Esnault, adjoint au maire en charge de la sécurité et colistier de Jean-Luc Moudenc. Par cette loi, les policiers municipaux pourront également pénétrer dans les halls d’immeuble, « ce qui devrait perturber l’organisation des dealers », s’avance l’élu.
En matière de sécurité, priorité est donc donnée au narcotrafic, « qui gangrène la jeunesse et porte atteinte à la tranquillité des quartiers », commente Jean-Luc Moudenc, qui, au-delà de la diminution des points de deal, note une amélioration de la situation « aux Izards, place Arnaud Bernard et Jeanne d’Arc ».
Des outils de dissuasion contre les violences sexistes et sexuelles
Et si la répression est l’arme de la liste “Protégeons l’avenir” pour lutter contre le narcotrafic, la prévention est celle de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Déjà, Toulouse a rejoint le dispositif “Demandez Angela”, réseau de lieux (bars, hôtels, commerces, établissements accueillant du public…) où peut se réfugier toute personne victime de harcèlement de rue. « On recense 234 points refuge dans 17 communes de la Métropole », précise Julie Escudier, adjointe au maire en charge de l’égalité femmes-hommes et colistière de Jean-Luc Moudenc. La Ville pratique également “la descente de bus à la demande” à partir de 22h, sur toutes les lignes nocturnes. Sans compter, les 4 000 caméras présentes sur le réseau Tisséo, dont 1 800 dans le métro.
A ces dernières, le maire sortant propose d’en ajouter 1 300, y compris dans les rames (12 caméras par rame). « Elles auront un effet dissuasif certain, et leurs images pourront servir de preuves irréfutables lors d’une plainte pour harcèlement », note Alicia Ambroise (68e sur la liste). Tout comme l’enregistrement sonore déclenché par une nouvelle fonction de l’application Tisséo : « Un bouton “SOS” sera implanté dans l’application et permettra d’alerter le PC sécurité et de géolocaliser la victime », détaille Julie Escudier.
Et pour « garantir la tranquillité des Toulousains dans les transports en commun, notamment celle des femmes », Jean-Luc Moudenc propose la création d’une nouvelle brigade, mais cette fois, composée d’agents Tisséo, armés de matraques et de lacrymogènes. Ils seront appuyés par la police municipale qui, si le projet de loi relatif à l’extension des prérogatives, des moyens, de l’organisation et du contrôle des polices municipales est promulguée, pourra verbaliser directement les auteurs de violences sexistes et sexuelles.
Jean-Luc Moudenc attend donc beaucoup de ce nouvel outil législatif, « dont peut se saisir un maire pour élargir les compétences de sa police et être ainsi plus efficace dans la lutte contre la délinquance », explique-t-il. « Mais il peut également ne pas le faire », lance Jean-Luc Moudenc, à l’attention de ses opposants de gauche aux Municipales, dont il présage qu’ils n’actionneront pas le dispositif législatif s’ils accèdent au Capitole. Ainsi, « en fonction des résultats des prochaines élections, les moyens de la lutte contre l’insécurité ne seront pas les mêmes… » conclut le candidat.























