Avec l’arrivée d’un second appareil d’imagerie par résonance magnétique, la Lozère renforce son offre de soins. Installé à Marvejols, l’équipement, inauguré le 4 février et opérationnel depuis le 17 février, vient répondre aux contraintes propres à un territoire rural, où l’accès aux examens spécialisés reste souvent conditionné par les délais et les distances.
Tandis que l’Agence régionale de santé d’Occitanie a annoncé vouloir renforcer l’offre de santé sur l’ensemble du territoire, la Lozère dispose désormais de deux IRM. Jusqu’à présent, un seul équipement était en service, installé à Mende. Un outil essentiel pour le diagnostic de nombreuses pathologies, mais souvent associé à des délais d’attente importants. Avec cette seconde IRM, implantée à Marvejols, deuxième ville la plus peuplée du territoire, l’offre d’imagerie médicale franchit un cap.
L’IRM installée à Marvejols permet de prendre en charge environ 30 patients par jour, venus de toute la Lozère mais aussi de départements voisins comme le Cantal ou l’Aveyron. Un renfort attendu de longue date dans un territoire où les délais pouvaient atteindre trois à quatre mois pour certains examens à Mende. « Ces machines sauvent des vies. Diagnostiquer plus tôt, c’est augmenter les chances de guérison », a rappelé lors de l’inauguration Didier Jaffre, directeur général de l’Agence régionale de santé Occitanie, dans des propos relayés par La Lozère Nouvelle. Un message fort, dans un département confronté à la fois au vieillissement de la population et aux difficultés d’accès aux soins spécialisés.
Un projet porté localement, en un temps record
Le projet est porté par le docteur Djamel Rahmani, radiologue installé à Marvejols depuis de nombreuses années, en partenariat avec le groupe Imagerie Cardinet. Il représente un investissement global d’environ 2 millions d’euros, comprenant l’achat de l’appareil et les travaux d’aménagement, réalisés par des entreprises locales. « C’est un aboutissement. Je suis très heureux de pouvoir continuer à rendre service aux habitants du territoire », a confié le médecin, qui a choisi de poursuivre son activité au-delà de l’âge de la retraite par attachement à la Lozère.
Autorisé par l’ARS en 2024, le chantier a été mené en 18 mois, un délai salué par les autorités sanitaires. « La haute technologie médicale ne doit pas être réservée aux grandes métropoles. Elle doit irriguer tous les territoires, y compris ruraux », a souligné Didier Jaffre.
Une IRM de dernière génération, assistée par l’IA
L’équipement installé à Marvejols intègre les technologies les plus récentes, notamment des outils d’aide à l’analyse reposant sur l’intelligence artificielle. Objectif : améliorer la qualité des images, affiner les diagnostics et accompagner les médecins dans leur interprétation. « L’IRM permet de détecter toutes les pathologies confondues, qu’elles concernent le système nerveux, digestif, articulaire, les pathologies de la femme ou pédiatriques. C’est un outil de diagnostic majeur », a rappellé le docteur Rahmani.
Au-delà de l’équipement lui-même, cette nouvelle IRM s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement de l’offre de soins à Marvejols. Hôpital rénové, tissu médico-social structuré, et future maison de santé pluriprofessionnelle portée par la Communauté de communes du Gévaudan, attendue cette année, viennent compléter ce paysage. Pour Patricia Brémond, maire de Marvejols et présidente de la commission santé au Conseil départemental, l’enjeu est clair : « Ces équipements sont déterminants pour attirer de nouveaux médecins. L’arrivée récente d’un praticien a été confirmée lorsqu’il a appris l’installation de l’IRM ».
En Lozère, où chaque kilomètre compte, cette deuxième IRM représente bien plus qu’un appareil médical. Elle incarne une volonté : celle de garantir un accès équitable aux soins, sans imposer aux patients des déplacements longs et fatigants. Une avancée concrète, attendue, et désormais bien réelle.






















