Il a été inculpé pour sept tentatives de meurtre sur son lit d’hôpital. Un homme âgé d’une cinquantaine d’années est soupçonné d’avoir poignardé deux adolescents, tenté d’en agresser un troisième, avant d’être neutralisé par quatre policiers à Toulouse (Haute-Garonne). Il a été mis en examen mercredi, a fait savoir au Parisien ce jeudi David Charmatz, procureur de la République de Toulouse, confirmant une information de La Dépêche du Midi.
L’hospitalisation de ce quinquagénaire, blessé par les policiers lors de son interpellation, avait jusqu’ici retardé sa mise en examen. Il est désormais poursuivi pour « tentatives de meurtre sur trois mineurs » et « tentatives de meurtre sur quatre personnes dépositaires de l’autorité publique », a précisé David Charmatz.
Des agressions sans raison
Pour comprendre l’affaire, il faut remonter au 20 décembre dernier. Ce soir-là, le quinquagénaire alcoolisé se rend dans un parc du quartier de Montaudran, à Toulouse, après une dispute avec son épouse. Vers 21 heures, l’homme, qui n’a pas d’antécédents judiciaires, croise trois adolescents assis sur un banc.
Sans aucune raison apparente, il les bouscule pour provoquer une altercation, puis sort une lame et se jette sur eux. Deux des adolescents, âgés de 15 et 16 ans, sont touchés à la fesse et au ventre. Le troisième, lui, parvient à donner l’alerte après avoir pris la fuite. Pris en charge par les secours, qui leur prodiguent les premiers soins, les deux jeunes sont transportés à l’hôpital, sans que leurs jours ne soient en danger.
Quelques minutes plus tard, une patrouille de police alertée par radio repère le quinquagénaire, toujours muni de son couteau. L’un des policiers tente de discuter avec lui pour lui faire lâcher son arme. Mais malgré plusieurs sommations, l’homme refuse et se rue sur les policiers en hurlant. Ces derniers ripostent et tirent à cinq reprises, l’atteignant de quatre balles aux jambes et une à la mâchoire. L’homme est alors évacué en urgence absolue.
Un profil « complotiste »
Depuis, il était hospitalisé. Présenté une première fois à un magistrat début 2026 avant de subir un malaise, il a finalement été mis en examen cette semaine, deux mois après les faits. « Une magistrate s’est déplacée à l’hôpital pour lui signifier sa mise en examen », explique le procureur de la République.
Il est poursuivi pour « tentative de meurtre sur trois mineurs » – les deux adolescents blessés et un troisième qui avait réussi à s’enfuir – et « tentative de meurtre sur quatre personnes dépositaires de l’autorité publique », ajoute le magistrat. L’homme a été assigné à résidence sous surveillance électronique dans l’établissement de soins où il se trouve. « Ses traitements quotidiens qui ne permettaient pas d’envisager une incarcération », précise David Charmatz.
Les investigations sont désormais entre les mains des enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS), qui scrutent le profil de cet homme décrit comme « complotiste ». D’après nos confrères de La Dépêche du Midi, l’homme aurait perdu pied pendant l’épidémie de coronavirus après plusieurs deuils familiaux et aurait sombré dans la dépression. Il aurait alors développé une idéologie identitaire à l’insu de ses proches. Néanmoins, à ce stade, « aucune circonstance aggravante tenant au caractère éventuellement raciste du crime n’est retenue », précise le magistrat.























