Face à la hausse des prix du carburant, aux variations de l’énergie et aux tensions géopolitiques, la Région Occitanie dévoile un nouveau plan de 570 millions d’euros sur cinq ans. L’objectif est de réduire la dépendance énergétique du territoire tout en limitant l’impact sur le budget des habitants.
La Région Occitanie accélère sa stratégie face aux crises mondiales qui provoquent une hausse des prix. Les élus régionaux examinent ce jeudi 4 juin un plan de 570 millions d’euros sur cinq ans pour protéger le pouvoir d’achat et développer l’indépendance énergétique.
Cette feuille de route, baptisée “Occitanie Résiliente Énergie”, a été présentée la veille, ce mercredi 3 juin, par Carole Delga, présidente socialiste de la collectivité. Elle prévoit des mesures immédiates pour décarboner les transports et le logement. « Ces deux domaines représentent une grande part des émissions de gaz », a souligné la dirigeante.
Voiture, train, logement : des aides pour le quotidien
- Dans les transports, la Région lance dès l’été 2026 un nouvel écochèque de 1 600 euros. Cette aide financière permettra aux ménages les plus modestes d’acheter une voiture électrique d’occasion. Près de 60% de la population régionale sera éligible à ce dispositif doté d’un budget de huit millions d’euros.
- Pour les usagers du rail, l’Occitanie renforce son réseau de trains liO face à une hausse de fréquentation de 68% entre 2018 et 2024. Une commande de 18 nouvelles rames de train à deux niveaux a été passée pour 218 millions d’euros. Les premières livraisons débuteront en septembre prochain pour offrir 9 000 places supplémentaires.
- Concernant l’habitat, la collectivité rehausse ses objectifs avec une enveloppe de 70 millions d’euros. Vingt mille logements ont déjà été rénovés. Le but est désormais d’agir sur 50 000 habitats d’ici 2034 au sein du parc social. De plus, le dispositif Rénov’Occitanie va accompagner la rénovation énergétique de 500 copropriétés d’ici 2030 pour éradiquer les passoires thermiques.
Le pari des énergies locales
La Région veut aussi accélérer la production d’énergie locale. L’un des piliers du plan reste l’éolien flottant au large de Port-la-Nouvelle.
Depuis 2019, près de 600 millions d’euros ont été investis sur le port. Deux fermes pilotes sont déjà installées et deux nouveaux parcs commerciaux sont prévus à l’horizon 2032 et 2034. À terme, la filière pourrait représenter l’équivalent de la puissance de six réacteurs nucléaires et générer 3 000 emplois.
L’hydrogène vert fait également partie de la stratégie régionale. Lancé en 2019, le plan dédié dispose de 150 millions d’euros jusqu’en 2030. La filière a déjà permis la création de 1 900 emplois en Occitanie.
La Région entend aussi développer des énergies moins visibles. Un fonds régional de 10 millions d’euros doit accélérer les projets de géothermie. Cette technologie capte la chaleur naturellement présente dans le sous-sol de la Terre. L’objectif est d’atteindre une production équivalente à la consommation de plus de 440 000 habitants en 2035.
Autre axe : le recyclage des panneaux solaires. Une usine portée par Envie 2E doit voir le jour à Lézat-sur-Lèze, en Ariège. Elle devrait pouvoir traiter 10 000 tonnes de matériaux par an.
Le défi de la formation et de la stabilité
Pour soutenir ces filières, l’Occitanie doit relever le défi des compétences. Le Plan régional de formation prévoit de former 15 000 demandeurs d’emploi aux métiers de la transition énergétique d’ici 2030.
Carole Delga estime toutefois que ces ambitions nécessitent davantage de stabilité. L’élue a fermement interpellé l’État et l’Union européenne. Elle réclame un cadre réglementaire harmonisé et durable.
- « Pour réussir cette transformation, l’État français et l’Union européenne doivent désormais faire preuve de volontarisme et garantir un cadre stable et durable pour permettre à l’ensemble des acteurs économiques d’avoir une visibilité sur des investissements de long terme. Le dérèglement climatique ne tolère plus les hésitations ni les revirements », déclare Carole Delga.
- « Sans visibilité de long terme, ni continuité des politiques publiques, la transition énergétique ne pourra ni changer d’échelle, ni garantir durablement compétitivité, réindustrialisation et souveraineté énergétique », précise la Région.



















