Un concert annulé une minute avant de monter sur scène, une vidéo à scandale, une mobilisation des acteurs de la culture toulousaine… Autant de mésaventures braquant les projecteurs sur Ultragama, un trio d’électro sans platine, à l’énergie et à la mentalité rock’n’roll qui mérite une oreille attentive.
Fin octobre 2025, aux abords du Capitole, la Toulouse Métropole Run Experience et ses 30 000 marathoniens ont installé leur village. La veille, Time to Skank a joué sans accroc. Ce soir-là, Ultragama doit vivre le rêve de jouer sur la plus belle place de France.
Un coup de fil chamboule tout : « Les organisateurs nous disent que l’événement est annulé pour une vidéo sur internet. » En cause, 15 secondes tournées sur place, annonçant le concert aux 650 abonnés de Guillaume, Étienne et Dylan, les membres du groupe toulousain. « Ça va être un beau bordel », disent-ils d’un ton calme, impossible à prendre au premier degré. Vue 15 000 fois sur TikTok, 30 000 sur Instagram, l’annonce suscite des commentaires enjoués. « On nous demande de la supprimer. Puis, on nous explique que les organisateurs avaient l’autorisation d’organiser une animation musicale, pas un concert. » Les groupes suivants sont aussi annulés.
Les dessous d’un accrochage
À la mairie, Jonnhy Dunal, adjoint à l’événementiel et à la tranquillité publique, détaille : « Quand on reçoit pour un concert, il faut fermer les accès, blanchir le parking, passer les voitures au détecteur d’explosif… Cela ne s’improvise pas. Ce n’est pas la faute d’Ultragama, il y a eu un problème à l’organisation. » L’élu assume le retrait exigé de la vidéo : « Pour éviter qu’il y ait des milliers de personnes qui débarquent. S’il s’était passé quelque chose, qui était responsable ? ».
Chez l’organisateur Playground Event, Loïc Cuvelier concède l’erreur : « Nous aurions dû déclarer des concerts ». Rien qui adoucisse la déception du trio : « Il y avait un limiteur de décibels, les lieux étaient dans un village événementiel sans alcool, avec des CRS derrière la mairie et fouille à l’entrée. Tout était bien organisé, plusieurs milliers de personnes passent là tous les jours ».
De l’annulation au sold-out
Révoltés, les musiciens répliquent d’une deuxième vidéo, plus taquine, vue 40 000 fois. Le milieu culturel leur propose son soutien, de quoi faire sold out au Taquin le mois suivant. Tant mieux, car « il a fallu quelques mois avant de finalement recevoir le paiement de notre contrat avec l’organisateur », déplorent les Toulousains.
La mésaventure permet toutefois de découvrir ces multi-instrumentistes tout de rouge vêtus, entre nu-disco, house et techno, batterie, basse, guitare et synthés. D’ailleurs, ils joueront le 27 août prochain au Rose Festival (21 h 45, scène Matécito), puis le 28 août au Rooftop d’Interference pour leur « Bordel Tour », en référence à cette histoire.












