Il estime vivre un véritable calvaire. Après avoir été sans-abri, Laid Senatour pensait avoir retrouvé un peu de stabilité en obtenant un logement social au Mirail, à Toulouse. Mais il pointe un appartement attribué en juin 2026 dans un état indigne (peinture, sol, sanitaires), dégradé au point qu’il a dû rénover lui-même. Une fuite de canalisation a provoqué une inondation et la prolifération de moisissures dans sa chambre, dégradant selon lui sa santé physique et mentale. Le malheureux doit éponger sans cesse. Le bailleur Toulouse Métropole Habitat répond que la fuite est en cours de traitement, le logement restant « décent ». Aujourd’hui, Laid Senatour demande à être relogé en urgence. On vous raconte cet imbroglio.
Après deux années sans logement, conséquence d’une séparation difficile, Laid Senatour pensait enfin connaître le répit après l’affectation d’un logement social rue Ferdinand-Laulanié, dans le quartier du Mirail, à Toulouse. Il a vite déchanté.
« Le logement était sale. On m’avait promis que des artisans viendraient repeindre les murs mais rien n’a été fait, j’ai fait moi-même des travaux : cela m’a pris un mois. C’est l’erreur de ma vie d’avoir accepté cet appartement. »
Pour rendre l’appartement habitable, Laid dit avoir réalisé lui-même plusieurs travaux, notamment la peinture, le remplacement du lino et des toilettes. Pour témoigner de l’insalubrité des lieux, il nous montre des photos du logement avant les rénovations. Laid n’a rien pu faire pour la chambre. Et pour cause, les moisissures qui étaient de simples traces à son arrivée dans le logement se sont étendues, tandis que de l’eau s’est infiltrée dans la pièce. Une fuite sur des canalisations situées à proximité des murs de la chambre a provoqué ces infiltrations.
« Je suis épuisé et dégoûté »
« Je suis parti une semaine, en revenant le 17 août, j’ai retrouvé la pièce inondée. Tous les jours, je dois essorer, c’est épuisant. » Une femme de ménage envoyée par le bailleur est intervenue pendant quelques jours avant de ne plus donner de nouvelles, assure Laid. L’assureur doit venir prochainement. Mais Laid, lui, ne veut plus rester dans ce logement qu’il loue chaque mois 430 euros.
Bénéficiaire de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), il demande désormais à être relogé, quitte à payer un loyer un peu plus élevé. Il affirme toutefois avoir du mal à obtenir une réponse de Toulouse Métropole Habitat. « Outre l’humidité et la moisissure, il y a des odeurs, aucune aération, tout est froid et enterré. Je veux juste être relogé dignement, pas du luxe. Je suis épuisé, dégoûté. Je prends des somnifères, je ne dors plus. »

Les tuyaux endommagés sont situés à proximité de sa chambre.
Sollicité, Toulouse Métropole Habitat affirme avoir pris en charge le dégât des eaux dès son signalement, le 21 août, et détaille les différentes interventions menées depuis.
Pour Toulouse Métropole Habitat, le logement n’est pas « indécent »
Selon lui, la fuite provient d’un réseau enterré d’eau chaude collectif. Après plusieurs investigations, une première réparation a été effectuée le 7 septembre, mais une nouvelle fuite a ensuite été détectée, nécessitant des recherches complémentaires. Des opérations d’assèchement du logement ont été mises en place dans l’intervalle.
Le bailleur indique qu’une expertise d’assurance est prévue le 23 septembre et que les travaux de réfection des murs seront réalisés une fois la fuite définitivement réparée et les murs asséchés. Il estime que le logement ne présente pas, à ce stade, un caractère indécent justifiant un relogement.
Toulouse Métropole Habitat souligne aussi avoir eu plusieurs échanges avec le locataire et s’être rendu à plusieurs reprises dans le logement. Il précise toutefois que le locataire aurait été absent à plusieurs rendez-vous destinés aux opérations d’assèchement.
Concernant l’entrée dans les lieux, en juin 2026, le bailleur reconnaît que certains éléments du logement étaient vieillissants : peintures défraîchies, revêtements de sol usés et dalle de béton brute dans le cellier. Il estime cependant que ces éléments restaient fonctionnels et ne compromettaient ni la sécurité, ni la santé, ni la décence du logement. Les travaux réalisés par le locataire seraient donc, selon lui, davantage liés à la personnalisation du logement qu’à des réparations relevant de ses obligations.
Enfin, le bailleur précise qu’après l’état des lieux d’entrée, son gestionnaire avait tout de même sollicité la régie pour réaliser certains travaux d’amélioration, notamment le remplacement de l’abattant des WC et du tablier de baignoire.











