Baignade interdite en raison de la présence de cyanobactéries, fréquentation en retrait et niveau d’eau spectaculairement bas : l’été 2026 laisse des traces pour le lac de Saint-Ferréol, aux confins des départements de la Haute-Garonne, du Tarn et de l’Aude.Politiques locaux, décideurs du tourisme et commerçants veulent oublier cette difficile saison et ont déjà l’esprit tourné vers l’été 2027.
Au lac de Revel-Saint-Ferréol, cette fin septembre ne ressemble guère aux cartes postales estivales habituelles. L’eau s’est éloignée des berges, découvrant de larges bandes de terre, et le niveau du lac alimente désormais presque autant les conversations que les cyanobactéries qui ont entraîné l’interdiction de baignade le 24 juillet. Le lac parviendra-t-il durablement à assurer sa double mission d’alimentation en eau potable et de site majeur du tourisme local ?
Pour les professionnels du bassin, cette image vient refermer une saison difficile. Bruce Boyer, à l’Hôtellerie du Lac, a surtout vu disparaître une partie de la fréquentation spontanée. « Il y avait beaucoup moins de passages, beaucoup moins de voitures. » Grâce aux clients de l’hôtel, aux habitués, aux groupes ou aux mariages, l’établissement a mieux résisté que d’autres, mais son gérant en reste convaincu : « Je pense qu’on aurait fait davantage si le lac avait été ouvert. »
Au Relais des Quatre Vents, Mathilde Longueville évoque une baisse de 35 % du chiffre d’affaires en août. Elle refuse toutefois d’en faire porter toute la responsabilité au lac : conjoncture, concurrence et annulations de groupes se sont aussi additionnées. Aux Frangines du Lac, Alana Miller estime pour sa part à environ 1 000 le nombre de couverts du midi perdus entre le 24 juillet et le 24 août.
Une saison qui laisse des traces
Même les activités restées autorisées ont ressenti le contrecoup. À l’Espace Sports et Nature, qui vivait sa première saison sous sa nouvelle gestion, les pédalos et loisirs nautiques ont moins séduit lorsque la baignade n’était plus au programme. Des visiteurs découvraient parfois l’interdiction une fois arrivés et demandaient où ils pourraient aller se baigner ailleurs. Plusieurs professionnels regrettent ainsi une information qui n’a pas toujours atteint les touristes de passage.
Le maire de Revel, Jérôme Garcia, défend la communication menée via les réseaux sociaux, la presse et les sites des collectivités. « Il nous semble avoir été totalement transparents », assure-t-il, tout en reconnaissant que « le Toulousain qui vient se baigner ne regarde pas forcément tout ça ». Il rappelle aussi que les contrôles sanitaires ont été renforcés en fin de saison, jusqu’à un prélèvement tous les quatre ou cinq jours, dans l’espoir de permettre une réouverture.
Depuis, c’est surtout le niveau du bassin qui frappe les habitués. « Le lac est hyper bas. Il y a vingt ans, il n’était jamais aussi bas », observe Mathilde Longueville, qui rapporte aussi les souvenirs de son père : autrefois, dit-elle, « on avait toujours de l’eau ». Le rapprochement avec l’épisode de cyanobactéries vient naturellement dans les discussions, mais Jérôme Garcia appelle à ne pas aller trop vite : « Il n’y a pas de corrélation établie pour l’instant. » Pour le maire, le diagnostic devra d’abord reposer sur des données scientifiques.
Déjà les yeux tournés vers 2027
Car Saint-Ferréol demeure un ouvrage intégré à une gestion plus large de la ressource. « La priorité reste l’alimentation en eau potable, mais il faut aussi penser au tourisme et à l’agriculture », insiste Jérôme Garcia. Une grande réunion doit se tenir en octobre avec la préfecture, VNF, Réseau 31 et l’Institution des eaux de la Montagne Noire. Les représentants des commerçants doivent, eux, rencontrer cette semaine les élus et le président de l’intercommunalité.
Reste une question déjà tournée vers 2027 : comment faire vivre Saint-Ferréol lorsque la baignade n’est plus l’argument principal ? L’Agence d’Attractivité entend prolonger la saison en misant notamment sur Le Réservoir, ses visites et animations jusqu’à la Toussaint.
Le bureau d’information touristique doit également ouvrir pendant les vacances d’octobre, tandis qu’une réflexion est engagée sur les animations de la prochaine saison, notamment avec le comité des fêtes. Après un été chahuté, le travail sur 2027 a donc déjà commencé.













