Le pilier droit espagnol du Stade Toulousain a disputé sa première finale de Top 14 en tant que titulaire la saison passée. Ce qui en dit long sur l’importance qu’il a prise au sein du groupe toulousain. Et s’il en est conscient, il tient tout de même à faire preuve d’humilité, mais avec l’ambition de devenir, très vite, le numéro un. Entretien.
Il a retrouvé le terrain lors de la 3e journée de Top 14, face à Vannes (victoire 29-23), samedi 19 septembre. Gêné par un pincement aux cervicales qu’il avait contracté à l’entraînement, juste avant la 1re journée de championnat, Joël Merkler est aujourd’hui de retour en pleine forme. L’occasion d’aborder avec lui son changement de statut – même s’il ne veut pas employer ce terme – au sein de l’effectif toulousain et son autre projet : un master en affaires internationales et stratégie d’entreprise à Sciences Po Toulouse.
Comment s’est passée votre reprise en Bretagne ?
Très bien, je suis content d’avoir repris avec le groupe. Le match était dur et c’est bien qu’on ait pu gagner ce bras de fer à la fin du match.
En juin dernier, vous avez disputé votre troisième finale de Top 14, et c’était la première en tant que titulaire. Ça veut dire quelque chose sur votre progression dans cette équipe et le poids que vous avez pris au fur et à mesure des années ?
Oui, ça montre qu’on a plus confiance en moi et que je suis certainement prêt à pouvoir jouer des matchs très importants. Pour moi, c’est super et d’avoir réussi à commencer la finale et surtout de la gagner. Mais vous savez, en soi, quand on est dans les 23 ou dans le groupe, ça ne change pas tant que ça. On est tous acteurs.
Avez-vous senti que vous avez passé un cap depuis une ou deux saisons, que vous jouez les premiers rôles au poste de pilier droit ?
Oui, dans le sens où je suis plus dans la rotation et je me sens beaucoup plus dans l’équipe qu’il y a deux ans. C’est la progression naturelle des choses. Au plus tu joues, au plus tu prends de confiance et de niveau, donc c’est une progression naturelle.
Ce changement de statut, le staff vous l’a exprimé concrètement ou on ne met pas de mots dessus et ça se fait naturellement ?
Non, même moi je ne parle pas de changement de statut, je parle de progression ou d’intégration. Aujourd’hui, sentir qu’on fait partie du groupe, c’est trop bien. C’est plus ça qu’un changement de statut. Il n’y a jamais des mots sur ça. En plus il n’y a pas que moi. On est beaucoup de jeunes à être montés il y a 2-3 ans et on prend de plus en plus de place dans le groupe.
Au Stade Toulousain on est aussi sur une année de renouvellement, parce qu’il y a Dorian Aldegheri (33 ans, en fin de contrat) qui est sur la fin de son contrat notamment…
Oui quelqu’un va devoir prendre sa place. J’espère que ce sera moi. C’est sûr que oui, quand Doudou sera parti, il faudra bien quelqu’un qui prenne son rôle de numéro un. Surtout quelqu’un sur lequel on peut avoir confiance.
Poursuivez-vous toujours vos études supérieures ?
Oui, là je suis en Master 1, Affaires internationales et stratégie d’entreprise à Sciences Po. Et je suis en double diplôme. L’année dernière j’étais à TBS et là je suis revenu en M1 à Sciences Po. Il me restera le M2 à TBS.
Cela forme à quel type de métier ?
Dans le public ce serait plutôt tourné vers la géopolitique. Et dans le privé, ça peut être de l’analyse de marchés étrangers pour des entreprises qui veulent s’installer dans d’autres pays. C’est de l’analyse géopolitique ramenée au marché et à l’entreprise en fait. Ce n’est pas trop financier. C’est plutôt tout l’aspect international et donc c’est assez vaste, parce qu’on touche au droit, on touche à la finance, à la sociologie, il y a vraiment plein de matières différentes, et c’est très intéressant.
Comment vous organisez-vous ?
Moi, j’ai le droit d’aller à 10 heures de cours par semaine. En général, je suis entre 5 et 8 heures en présentiel. Parce que je n’arrive pas à aller à plus de 8. Mais c’est déjà bien. Et puis j’aime bien y aller. J’ai l’impression d’explorer un autre environnement, et puis c’est à côté, c’est à la manufacture de tabac.
















