La catastrophe d’AZF, dont on commémore ce lundi 21 septembre les vingt-cinq ans, a largement impacté le sport toulousain, notamment le TFC. Ancien joueur du club, Julien Cardy habite à l’époque avec son frère route d’Espagne, où est située l’usine. Il raconte cette journée qui a marqué Toulouse.
Le bruit. L’onde. Le souffle. « J’ai entendu une détonation, puis j’ai eu l’impression que la voiture décollait du sol. » Ce vendredi 21 septembre 2001 à Toulouse, l’horloge s’arrête de tourner à 10 h 17, à jamais figée par l’explosion dans le hangar 221 de l’usine AZF. Elle causera 31 morts, des milliers de blessés, des traumatismes à la pelle et des souvenirs gravés pour toujours dans la mémoire de chaque habitante et habitant de la Ville rose. Dans la galaxie des conséquences de la catastrophe, le sport toulousain prend évidemment sa place, selon l’implacable règle de la proximité géographique avec l’épicentre du sinistre. Situé à moins d’un kilomètre, dans le quartier de Gironis, le club historique du TAC est balayé. À peine plus loin, sur l’île du Ramier, la piscine Nakache des Dauphins du Toec et le Stadium subissent eux aussi d’importants dégâts.
En septembre 2001, rétrogradé en National, le TFC écrit la première ligne de la première page de l’histoire de sa renaissance, portée par ses Pitchouns. Julien Cardy est l’un d’eux. Il va fêter ses vingt ans et vient de signer son premier contrat professionnel. Ce vendredi matin, il s’est rendu dans des magasins pour meubler l’appartement qu’il occupe avec son frère route d’Espagne, qui longe le site d’AZF. Il se souvient de la voiture arrachée du sol, puis des « scènes de film, d’apocalypse, sur le chemin du retour. » « Plus je me rapproche, plus je vois des choses… Du bruit, des sirènes, des gens tout noirs de suie, d’autres ensanglantés. C’est la panique partout. On ne sait pas ce qu’il se passe ; on est dix jours après le 11 septembre, on se dit ça y est, après New York, c’est la France. » Par des petites rues, il parvient à se rapprocher de la résidence, dont l’accès a été interdit. Mais il doit rentrer. Son frère était à l’intérieur au moment de l’explosion.
Pour certains, il y a un avant et un après AZF
À l’intérieur de l’immeuble, Julien Cardy découvre un théâtre de désolation. Les portes ont été soufflées, les faux plafonds éventrés, les baies vitrées brisées. Dans l’appartement, son frère dort dans un clic-clac déplié face à la fenêtre. « Heureusement, au moment de l’explosion, il s’est déjà levé. Quand je le retrouve, il est totalement étourdi par la situation. Il se demande ce qu’il se passe. Tout est cassé dans l’appartement, tout le monde court partout… Je ne saurais pas dire ce qu’on a fait immédiatement après. Les premières affaires qu’on prend, où on va, je ne sais pas. » L’ancien milieu de terrain sait en revanche qu’il a eu de la chance. « Au-delà des morts, beaucoup de gens ont eu des problèmes de santé, liés à des chocs émotionnels notamment. Pour nous, la vie a repris assez rapidement son cours, mais pour d’autres, il y a un avant et un après AZF. »
C’est notamment le cas de Cyril Dubroca, lui aussi joueur du TFC qui habitait dans la même résidence que Julien Cardy, qui avait témoigné dans La Dépêche en 2021. Blessé au pied, le Landais ne rejouera plus avec le TFC et verra sa carrière, pourtant prometteuse, prendre une tout autre tournure.

Secouru ce jour-là par Jérémie Moreau, Cyril Dubroca est le seul à avoir été touché parmi les joueurs du TFC, qui passera sa saison au stade des Sept Deniers, le Stadium ayant été gravement endommagé par l’explosion. Une saison conclue par une montée en Ligue 2. « Ça fait partie de l’histoire de ce désastre, avec des choses plus heureuses qu’on a vécues malgré ça. On a réussi à s’adapter malgré cette horreur qui avait été vécue. »













