Une vente exceptionnelle se prépare à Paris. Plus de 200 lots contenant des vêtements, documents, objets, lettres ou photos conservés par la famille de Jean Mermoz depuis 90 ans seront mis aux enchères le 3 novembre prochain. Témoignages rares de la vie de l’aviateur, ces objets sont convoités par de nombreux collectionneurs. À Toulouse, les passionnés d’histoire de l’aéronautique craignent la dispersion de cet héritage qu’ils aimeraient voir dans un musée.
Un parachute recouvert de cuir rouge, brodé « Mermoz » en lettres d’or, une paire de lunettes aux verres brisés, un manteau de cuir qui a affronté le froid des Andes. À travers plus de 200 objets, incluant des photographies, des lettres ou même un linge de baptême et une mèche de cheveux, Jean Mermoz se raconte.
Newsletter Aéronautique
Votre RDV hebdomadaire pour découvrir des informations exclusives sur le secteur de l’aéronautique : interviews, analyses approfondies, enquêtes…
Conservés depuis 90 ans par la famille du célèbre aviateur français, ces objets rares témoignent de la vie incroyable de celui qui était surnommé « l’archange », de son enfance dans l’Aisne aux traversées périlleuses de l’Atlantique pour transporter le courrier avec les lignes de l’Aéropostale. Mais pour les voir, c’est dans la maison de vente aux enchères Artcurial, à Paris, le 3 novembre, qu’il faudra se rendre. Les mises à prix vont d’une centaine d’euros à plusieurs milliers d’euros.


« Les musées devraient exercer leur droit de préemption »
Cette vente exceptionnelle est pourtant vécue comme un crève-cœur pour de nombreux passionnés d’histoire et d’aéronautique qui auraient bien vu ces pièces dans un musée. « C’est triste de voir un morceau de notre histoire aéronautique partir. Ces objets exceptionnels et personnels vont être dispersés, ça fait mal au cœur, les musées devraient exercer leur droit de préemption et faire un effort pour conserver cette collection homogène. Mermoz, c’est quand même un personnage mythique », déclare Gilles Collaveri, secrétaire de l’association Mémoire d’Aéropostale.


À Toulouse, Jean Mermoz est une légende. L’aviateur, disparu au-dessus de l’océan Atlantique le 7 décembre 1936 à bord de l’hydravion Croix-du-Sud, compte parmi les grandes figures de l’Aéropostale, au même titre qu’Antoine de Saint-Exupéry ou Henri Guillaumet. On lui doit notamment la première traversée aérienne commerciale de l’Atlantique sud, effectuée les 12 et 13 mai 1930 entre Saint-Louis du Sénégal et Natal au Brésil. Dans la Ville rose, le nom de Mermoz s’affiche sur une plaque de rue, une station de métro et bien sûr à l’Envol des pionniers.

L’Envol des pionniers a accueilli 50 000 visiteurs en 2025
Depuis 2018, à Montaudran, le long de la piste d’où sont partis les premiers avions des lignes Latécoère (devenues Aéropostale puis Air France), le site raconte les exploits des pilotes et ingénieurs qui ont construit l’aviation moderne. Ce lieu, qui a accueilli 50 000 visiteurs en 2025 et qui affiche vouloir transmettre l’héritage des pionniers, pourrait-il se positionner pour acquérir des pièces de cette exceptionnelle vente Mermoz ?
La Semeccel, société d’économie mixte qui exploite L’envol des pionniers et la Cité de l’espace, renvoie la question à son actionnaire majoritaire, Toulouse Métropole qui ne nous a pas répondu.
Pour l’association Mémoire d’Aéropostale, Gilles Collaveri s’est rapproché du Musée de l’air et de l’espace, au Bourget. « Ils sont informés, comme ils ont le droit de préempter, j’espère qu’ils le feront ».












