Après une saison 2025-2026 marquée par un sacre en Challenge Cup et une finale de Top 14, le Montpellier Hérault Rugby (MHR) regarde vers l’avenir. Dans un entretien à L’Équipe, Mohed Altrad évoque la succession à la tête du club, le dossier du Septeo Stadium et les incertitudes autour du projet montpelliérain.
Le Montpellier Hérault Rugby (MHR) sort d’une saison 2025-2026 particulièrement marquante. Vainqueur de la Challenge Cup et finaliste malheureux du Top 14, le club héraultais a retrouvé le haut niveau sportif après plusieurs années plus contrastées. Mais derrière cette dynamique positive, une autre question se pose déjà en coulisses : celle de l’avenir du projet montpelliérain au-delà de son président et actionnaire majoritaire, Mohed Altrad.
Dans un entretien accordé à L’Équipe, le dirigeant a évoqué les incertitudes qui entourent la succession d’un modèle largement construit autour de son engagement personnel. Depuis son arrivée à la tête du MHR en 2011, Mohed Altrad accompagne financièrement et stratégiquement le club, jusqu’à en faire une formation régulièrement présente parmi l’élite du rugby français. Mais, pour Mohed Altrad, cette réussite ne change toutefois pas la question de fond : comment assurer la continuité du projet lorsque son principal investisseur ne sera plus aux commandes ?
Lorsqu’il prend les rênes du club il y a 15 ans, l’homme d’affaires explique ne pas connaître véritablement le rugby. Son engagement repose alors sur une volonté d’aider une structure en difficulté. Avec le temps, son implication s’est transformée en véritable projet sportif et économique, accompagné par des investissements importants. Le président du MHR estime avoir consacré « environ 10 millions d’euros par an » au développement du club. Une contribution qui dépasse, selon lui, le simple mécénat, le club étant intégré aux activités du groupe Altrad. « La passion est toujours la même mais la question de l’avenir se pose. À un certain moment, il faut passer la flamme à quelqu’un d’autre », explique-t-il dans L’Équipe.
Le stade, un dossier stratégique toujours bloqué
Alors que le MHR retrouve des couleurs sur le terrain, la question des infrastructures reste un sujet sensible pour son président. Le dossier du rachat du Septeo Stadium à la Ville par le milliardaire, au cœur des discussions avec les collectivités locales depuis plusieurs années, demeure sans issue. Pour Mohed Altrad, l’évolution de l’enceinte est pourtant essentielle pour permettre au club de franchir un nouveau cap. Un stade modernisé doit notamment permettre d’augmenter les recettes, d’améliorer l’accueil du public et de renforcer l’attractivité du club auprès des partenaires.
Les échanges avec les Municipalités successives n’ont cependant pas permis de déboucher sur un accord. Une situation que le dirigeant considère comme un frein au développement du MHR. Malgré ces difficultés, il affirme que Montpellier reste le territoire naturel du club. Mais il n’exclut pas d’autres possibilités si les conditions nécessaires à la croissance du projet ne sont pas réunies. « Le club peut être à Montpellier ou ailleurs », indique-t-il à L’Équipe, en évoquant notamment Béziers comme une éventuelle alternative.
L’après-Altrad, une inconnue majeure
Si l’avenir sportif semble aujourd’hui mieux orienté, la question de la gouvernance reste entière. Mohed Altrad assure ne pas préparer une vente du club et réfute l’idée d’un rachat imminent. Selon lui, le rugby professionnel attire peu d’investisseurs capables de reprendre un club avec un engagement financier comparable au sien. Il estime également qu’une transition progressive avec un nouvel actionnaire n’offre pas nécessairement de garantie suffisante. « Je n’ai jamais parlé de vente. C’est une fiction », déclare-t-il dans L’Équipe.
Le dirigeant reconnaît en revanche ne pas avoir trouvé la solution idéale pour organiser sa succession. Ses enfants, explique-t-il, ne seraient pas prêts à reprendre la gestion du MHR ni à supporter les investissements nécessaires pour maintenir le projet. Il va même jusqu’à affirmer : « S’il m’arrive malheur, il n’y aura plus de rugby à Montpellier », tout en assurant qu’il reste aujourd’hui pleinement engagé auprès du club.
Après une saison sportive qui a redonné de l’élan au MHR, le défi est désormais double pour Montpellier : confirmer les performances sur le terrain tout en préparant, à plus long terme, la continuité d’un projet fortement associé à la figure de son propriétaire.











