Vingt-cinq ans après la catastrophe d’AZF, les risques industriels restent au cœur des préoccupations à Toulouse. Alors que l’extension d’ArianeGroup suscite l’opposition de partis et de collectifs, la FNIC-CGT appelle à la grève et organise une manifestation au départ du mémorial AZF.
Ce 21 septembre 2026 marque les 25 ans de la catastrophe d’AZF. Un anniversaire qui ravive les préoccupations autour des risques industriels à Toulouse. Syndicats, partis et collectifs se mobilisent ainsi, notamment contre le projet d’extension d’ArianeGroup. En avril dernier, la Mairie de Toulouse a accordé à l’entreprise un permis de construire pour une seconde ligne de production sur l’île du Ramier. Pour rappel, son usine, classée Seveso seuil haut, produit du perchlorate d’ammonium.
Levée de boucliers contre le projet d’extension d’ArianeGroup
« Cette extension porterait la capacité du site de 5 000 à 8 000 tonnes par an, soit une hausse de 60%, sur 2 000 m² situés dans la zone la plus exposée aux risques industriels. Plus grave encore, cette décision a été prise sans aucune concertation avec la population et sans enquête publique. Une telle augmentation d’activité sur un site à risques, marqué par le traumatisme d’AZF, ne peut être décidée dans le dos des habitants », estiment Corinne Marquerie, secrétaire fédérale du PCF Haute-Garonne, et son exécutif.
Ils contestent également « la pertinence de cette implantation », même s’ils se disent « favorables à une politique industrielle ambitieuse ». « La France a besoin de réindustrialisation, de souveraineté productive et de relocalisation des activités stratégiques. Mais réindustrialiser ne signifie pas concentrer toujours plus d’activités dangereuses dans les zones urbaines les plus denses ». Ainsi, ils demandent « l’abandon de ce projet d’extension et l’ouverture d’un véritable débat public afin d’identifier un site plus adapté ».
De son côté, le Collectif Stop Nouveau Seveso Toulouse déplore un « nouveau cocktail explosif en préparation ». Il évoque ce projet d’extension, mais aussi « les zones de danger des installations actuelles d’ArianeGroup qui ont augmenté », l’autorisation « d’une fabrique du principe actif du paracétamol par la société Ipsophène » et « une unité pilote de traitement de PFAS ». Le collectif s’oppose donc « au quasi doublement de la production de perchlorate d’ammonium par ArianeGroup et à la présence d’autres activités sur le site ».
La FNIC-CGT organise une manifestation au départ du mémorial AZF
Par ailleurs, la Fédération nationale des industries chimiques (FNIC-CGT) appelle à la grève ce mercredi 23 septembre. Pour elle, « la commémoration d’AZF n’est pas seulement un moment de commémoration pour les victimes du capital mais un moment de lutte ! » « L’explosion qui a tué, en septembre 2001, 31 personnes et en blessait des dizaines de milliers d’autres n’est pas un “concours de circonstances fortuites”, elle est la conséquence directe de l’exploitation capitaliste », estime-t-elle.
Pour la FNIC-CGT, la solution « ne peut être la fermeture qui jetterait dans la misère des milliers de familles ». « Ce ne sont pas les usines qui sont dangereuses mais la manière dont le capital les fait tourner », affirme-t-elle. La fédération réclame ainsi « l’interdiction des licenciements et des emplois intérimaires (CDI pour tous) », « le retour des CHSCT avec des droits étendus » et « la réinternalisation de la sous-traitance ». Une manifestation est organisée au départ du mémorial AZF à 14h ce mercredi.












