À Castres, sous-préfecture du Tarn, les élections municipales 2026 ont la particularité d’impliquer sept listes. Une huitième s’est désisté. La succession de Pascal Bugis, maire divers droite depuis 25 ans, est au cœur de ce scrutin. Sachant que sa propre candidature n’est pas encore tranchée.
C’est peut-être la ville d’Occitanie où au final s’affronteront le plus de listes. Huit listes se sont pour l’heure officiellement avancées à Castres (Tarn), la deuxième ville du Tarn avec ses 42.000 habitants. Il faudra qu’elles soient déposées en bonne et due forme en préfecture avant le 26 février. Avant cette date, la participation ou non du maire sortant, Pascal Bugis, réélu dès le premier tour en 2020 est en suspens. L’intéressé a lui-même fait savoir qu’il réservait sa décision à la date-limite.
Les candidats
Guillaume Arcese, liste « Castres, notre ville »
C’est le plus expérimenté de la bande en terme de joutes électorales. Ce médecin gériatre de 39 ans – qui ne manque pas de préciser le titre de « Dr » sur ses affiches – était arrivé au second tour face à Pascal Bugis en 2020. Il n’est plus encarté chez les Républicains mais vise un électorat de droite modérée et du centre. Il est élu dans l’opposition depuis six ans et mise sur un programme pluridisciplinaire autour de la sécurité, la redynamisation du centre-ville, l’arrivée de l’autoroute A69, il convient lui-même que « tous les candidats ont les mêmes idées« . « Ce qui va faire la différence, c’est la crédibilité de notre liste, la technicité et la compétence des colistiers « . Guillaume Arcese avait obtenu 18% des voix en 2020.
Florian Azéma (RN), « Pour l’avenir de Castres »
Le Rassemblement National a investi à Castres Florian Azéma, 29 ans, attaché parlementaire de Frédéric Cabrolier, ex député RN du Tarn désormais candidat à Albi, puis du groupe RN. Castrais d’origine, il a fait ses armes au RNJ, le mouvement de jeunesse du parti lepéniste dont il est un cadre. Il mise sur la sécurité, la fiscalité, la santé et l’attractivité du centre-ville castrais. Le RN avait convaincu 7,6% des électeurs en 2020 au premier tour avec un autre candidat, mais les législatives 2024 ont démontré une certaine porosité du vote extrême dans la ville avec 45% de voix attribués aux candidats RN ou assimilés.
Sahel Beriouni-Poitevineau (PS), liste « Castres en commun ! »
C’est la gauche « pro A69 » préviennent ses adversaires. Le Parti socialiste a investi dans la ville natale de Jean Jaurès Sahel Beriouni-Poitevineau, 28 ans, qui a grandi à Castres dans une famille très implantée dans le tissu associatif castrais. Juriste formateur, il a été le collaborateur à Paris de Jean-Luc Roméro au conseil de Paris. Sur l’A69, il revendique effectivement de travailler sur une tarification sociale et professionnelle du péage, un audit environnemental et la juste indemnisation des victimes. Mais la liste « Castres en commun » mise plus globalement sur la concertation dans les quartiers pour plaider une ville « plus juste, solidaire et rayonnante ». Il a le soutien d’autres petites formations de gauche comme le PRG, le MRC ou Place Publique.
Xavier Bories (divers droite), liste « Castres au cœur »
Xavier Bories est l’ancien adjoint aux finances, il s’est aussi chargé des finances et de l’habitat de l’agglomération de Castres-Mazamet. Cet entrepreneur sans étiquette politique, un temps restaurateur, un temps bijoutier, est l’un des deux dauphins de Pascal Bugis. Il se plait à rappeler que ce dernier n’a désigné aucun héritier officiellement. « Castres au cœur », la liste de Xavier Bories, rassemble un bon nombre d**’anciens membres de la majorité** de Pascal Bugis, comme l’adjoint au sports Laurent Picouza ou Julie Capo-Ortega, suppléante du député Philippe Bonnecarrère, liée par son mari au Castres Olympique.
Arnaud Bousquet (divers droite), liste « Un nouvel élan pour Castres »
L’ancien bâtonnier du barreau de Castres Arnaud Bousquet est jusque là vu comme l’héritier naturel de Pascal Bugis dont il est resté fidèle, même si le maire sortant ne l’a jamais publiquement adoubé. À 42 ans, l’avocat se targue lui aussi d’une expérience technocratique solide à la mairie comme à l’agglo en matière de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation et des équipements culturels communautaires. Il siège aussi au Conseil départemental avec sa binôme, Eve Bugis, fille du maire de Castres. Il a tendu la main en décembre à Xavier Bories pour une alliance, celui-ci a refusé.
Ariane Rosenau, liste extrême gauche « Union populaire pour Castres »
La gauche anti-A69 se rassemble à Castres derrière la candidature de l’insoumise Ariane Rosenau, « l’Union populaire pour Castres ». À 66 ans, cette enseignante en histoire-géographique à la retraite a le soutien de la France Insoumise dont elle est membre, du NPA et de Génération.s. Elle est aussi, c’est à souligner, la seule femme de ce scrutin, et la première femme candidate à une élection municipale à Castres depuis 1983. Les trois quarts des co-listiers ne sont pas encartés et la liste promeut la démocratie participative et les solidarités avec la mise en place d’une mutuelle communale et des 30 premiers mètres cubes d’eau gratuits ou encore un centre de santé communale.
Jean Terlier, liste « Castres Active »
Le député de la majorité présidentielle a surpris en se déclarant, assez vite, dans cette campagne municipale à Castres. Jean Terlier, avocat de métier, a été élu à l’Assemblée nationale en 2017 avec la vague macroniste. Depuis, il s’est beaucoup impliqué dans le dossier de l’autoroute A69 dont il est un fervent défenseur. Au nom de sa liste « Castres active, il l souhaite aussi défendre avec vigueur l’avenir en sursis de l’aéroport de Castres-Mazamet. Il a enrôlé notamment l’ancien président du tribunal de commerce de Castres et une figure du Téléthon dans le Sud-Tarn.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555






















