Les listes du second tour des municipales devaient être déposées mardi 17 mars au soir en préfecture. À Toulouse, le duel est désormais officiel entre Jean-Luc Moudenc et la liste d’union menée par François Piquemal et François Briançon. Derrière ce face-à-face, deux projets s’opposent : l’un met en avant l’attractivité économique, l’autre promet de redonner du pouvoir d’achat.
Le cadre électoral est désormais figé. À l’issue de la date limite de dépôt des listes pour le second tour, fixée au mardi 17 mars 2026 au soir, Toulouse connaît son affiche définitive : le scrutin du dimanche 22 mars opposera la liste du maire sortant Jean-Luc Moudenc à celle de “Demain Toulouse, la gauche unie”, conduite par François Piquemal avec François Briançon. Cette validation officielle confirme la fusion entre les deux principales listes de gauche du premier tour et transforme l’élection en duel direct.
Jean-Luc Moudenc mise sur la continuité, la gauche affiche sa recomposition
Le dépôt des listes confirme deux stratégies très différentes. Du côté de Jean-Luc Moudenc, la liste “Avec Jean-Luc Moudenc, Protégeons l’Avenir de Toulouse” reste dans la continuité du premier tour. En tête figurent notamment :
- Jean-Luc Moudenc
- Marion Lalane-de Laubadère
- Olivier Arsac
- Laurence Katzenmayer
- Sofiane Oumiha
- Jean-François Portarrieu
- Jean-Michel Lattes
La liste reprend l’ossature de la majorité sortante. Elle met aussi en avant plusieurs profils issus de la société civile, déjà présents au premier tour, comme Nathalie Capdevielle, Ingrid Berkman ou Evie Colombié.
En face, la liste “Demain Toulouse La Gauche Unie” est issue de la fusion entre les équipes de François Piquemal et François Briançon. Elle est conduite par :
- François Piquemal
- Isabelle Hardy
- François Briançon
On y retrouve ensuite plusieurs figures identifiées des deux camps, comme Salah Amokrane, Régis Godec, Vincent Gibert, Anne-Sophie de Surgy, Hadrien Clouet ou encore Anne Aguilera. La liste affiche une moyenne d’âge de 45 ans et se présente comme un équilibre entre les deux formations initiales. Elle rassemble notamment 19 colistiers issus de La France insoumise, neuf du Parti socialiste, huit écologistes et cinq d’Archipel citoyen. Certains partis ont toutefois choisi de ne pas s’y associer : les candidats du PRG n’y figurent pas. Parmi les absents notables, on retrouve également la députée insoumise Anne Stambach-Terrenoir. Autrement dit, Jean-Luc Moudenc mise sur la stabilité, tandis que la gauche assume une recomposition politique structurée.
La gauche unie recentre sa campagne sur le pouvoir d’achat
Dans son dossier de presse diffusé 17 mars, “la gauche unie” place clairement la question sociale au centre de sa campagne. Elle part d’un constat : « Chaque année, il devient de plus en plus difficile pour les Toulousaines et Toulousains de s’en sortir. » La liste attaque directement le bilan de Jean-Luc Moudenc, accusé de suivre « la même voie » que la politique nationale d’austérité. Elle cible notamment : le coût du logement, les tarifs des transports, la fin de certaines gratuités, comme la cantine pour les plus précaires ou l’accès aux musées pour les étudiants, la réduction de services publics ou associatifs.
Pour y répondre, la coalition de gauche avance plusieurs mesures phares : encadrement des loyers, augmentation du parc de logements publics, gratuité de l’abonnement Tisséo pour les moins de 26 ans, tarification solidaire des transports et services publics, retour de la gratuité de la cantine pour les familles les plus modestes, gratuité des fournitures scolaires, gratuité des bibliothèques et tarification progressive de l’eau.
Sur le logement, le texte affirme : « Les ménages consacrent en moyenne 30 % de leurs ressources au paiement du loyer dans le secteur privé. Pour les plus précaires, ce taux peut atteindre 60 %. » Sur les transports, la liste promet de permettre aux habitants de « se passer de la voiture, ou d’en réduire fortement l’usage ».
Jean-Moudenc et le monde économique ciblent l’alliance avec LFI
Face à cette offre programmatique, le camp de Jean-Luc Moudenc a choisi d’axer sa riposte sur les conséquences économiques d’une victoire de la gauche unie. Dans un communiqué, il dénonce « le danger que représente pour Toulouse l’alliance conclue dans le dos des Toulousains entre les socialistes et les Insoumis ».
Son argumentaire s’appuie surtout sur des prises de position extérieures, présentées comme inédites. Le MEDEF 31 appelle ainsi à soutenir la liste du maire sortant et alerte sur : un « affaiblissement de l’attractivité », une « remise en cause des grands projets », une « pression accrue sur les entreprises » et une « menace sur l’emploi ». Le communiqué cite même un risque pour la filière aéronautique, avec la possibilité que « les usines Airbus et les emplois aéronautiques puissent partir à Hambourg ou ailleurs ».
La CPME 31 a elle aussi pris publiquement position. Son conseil d’administration appelle « à l’unanimité » à voter pour Jean-Luc Moudenc, présenté comme « le seul candidat encore en situation d’être élu à avoir signé sa charte d’engagement en faveur des entreprises ».
Avec le dépôt officiel des listes, le second tour toulousain ne se joue plus seulement sur des alliances. Il oppose désormais deux lectures très différentes de la ville. D’un côté, Jean-Luc Moudenc défend un cap fondé sur la continuité, la stabilité institutionnelle et la défense de l’attractivité économique. De l’autre, la gauche unie promet une rupture centrée sur le pouvoir d’achat, les services publics et des mesures sociales immédiates. Le duel est désormais figé sur le papier. Reste à savoir quelle grille de lecture s’imposera dans les urnes dimanche.















