Un homme est mort ce samedi soir au cœur du quartier des Izards, au nord de Toulouse. Il a été abattu, tué par plusieurs balles selon les premières constatations de la police. Le tireur est en fuite. Une enquête a été ouverte par le parquet.
Sous le porche d’entrée de la Maison de la justice et du droit, qui, terrible paradoxe, est fermée faute de crédits suffisants, un drap blanc recouvre un corps. Celui d’un jeune homme qui a été tué ce samedi soir peu après 23 heures, à la sortie de la place Micoulaud. Un lieu qui, ces dernières années, a connu de trop nombreux règlements de comptes au cœur du quartier des Izards à Toulouse,
Est-ce encore le cas cette fois-ci ? Trop tôt pour l’affirmer. « Dans ce quartier, délicat de ne pas penser à la drogue », glisse un policier habitué des lieux, même si le point de deal de la Poste a perdu beaucoup de ses dealers et de ses clients ces dernières années. Les coups de feu, trois ou quatre au moins, ont retenti dans cet espace, à la sortie du métro des Trois-Cocus.
Les secours n’ont rien pu faire
Les secours ont été tout de suite alertés. L’arrivée des pompiers et d’une équipe du Smur 31, rapide, n’a pas permis de réaliser de miracle. Les blessures, très graves, ont à peine permis de poursuivre les gestes de réanimation entrepris par des témoins. La victime, qui serait âgée de moins de 20 ans, a été déclarée décédée vers 23 h 30 par le médecin du Samu 31.
La police, notamment les patrouilles de la BST Nord et de la compagnie départementale d’intervention, a rapidement bouclé le quartier, empêchant le passage des voitures le temps que les spécialistes de l’identité judiciaire réalisent les constatations et les premiers prélèvements.
« C’est un Mosta », avance un livreur qui patiente avec des collègues sur son vélo en observant le travail des enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée. La conversation sur la victime qui serait originaire de Mostaganem, port au nord de l’Algérie n’ira pas plus loin. Une jeune fille s’inquiète à la sortie du métro. « Est-ce une fusillade ? » A priori non. Reste à déterminer qui tenait l’arme et pour quelle raison cette personne a appuyé sur la gâchette.
Autrefois, un haut lieu du trafic
« Ces derniers temps, c’était plus calme. Enfin, surtout par rapport à avant », avance un jeune habitant pressé de rejoindre son appartement. Avant ? La période faste des Izards où les points de deal, entre 2010 et 2020, tournaient à plein régime, dopés par l’arrivée du métro. Une guerre fratricide en 2013-2014, puis de nouveau entre 2019 et 2020, et les nombreuses arrestations qui ont suivi ont mis un coup d’arrêt au trafic.
Les condamnations récentes de membres du « clan historique », justement pour un règlement de comptes presque au même endroit, le 24 août 2020, peuvent-elles relancer l’intérêt pour ce terrain ? Pas impossible. « Encore plus qu’ailleurs, le trafic de drogue a horreur du vide », souffle un policier spécialisé. Le parquet a saisi la division de la criminalité organisée et spécialisé de l’enquête. Des enquêteurs qui connaissent très bien les Izards, ses personnalités et ses voyous qu’ils ont arrêtés les uns après les autres encore récemment.















