Refus d’obtempérer sur l’A61, vitesse folle et barrière forcée : la course-poursuite de Mounir, 21 ans, a semé la panique jusqu’à Villefranche-de-Lauragais. Le tribunal de Toulouse l’a condamné à deux ans de prison ferme.
« Des dépassements dangereux par la gauche et par la droite, une pointe à 215 km/h, des coups de volant erratiques… » La présidente du tribunal correctionnel de Toulouse, Anne-Cécile Krygiel, décrit tous les excès de Mounir lors de sa cavale du jeudi 23 avril.
Avant même d’être pris en chasse par les gendarmes, les déviances routières du jeune homme de 21 ans avaient déjà commencé. C’est, en effet, quand ils l’aperçoivent à 130 km/h au lieu de 90 que les gendarmes s’inquiètent du comportement routier du prévenu.
Alors, ils l’ont sommé de s’arrêter en activant leurs sirènes. « Le conducteur semble obtempérer dans un premier temps, mais dans la bande d’insertion de l’aire Toulouse-Sud, il donne brusquement un coup de volant et reprend l’A61 direction Narbonne en accélérant fortement dans la bande d’arrêt d’urgence », relate la présidente.
Cette fuite folle du prévenu se poursuit sur plusieurs kilomètres jusqu’à ce qu’il sorte à Villefranche-de-Lauragais en forçant la barrière. « Bloqués sur un rond-point à cause d’un pneu éclaté, ils se sont arrêtés et les autres occupants à bord du véhicule ont pris la fuite. Nous n’avons réussi à stopper que le conducteur », raconte, à la barre, l’un des gendarmes du peloton motorisé de Villefranche-de-Lauragais.
« C’était mon premier refus d’obtempérer, si je n’avais pas eu le réflexe de mettre un coup de frein, cela aurait pu plus mal finir », poursuit le sous-officier non sans laisser deviner une certaine émotion. En réponse, Mounir présente ses excuses aux deux gendarmes et tâche de donner des explications à ses dérives : « La voiture ne m’appartenait pas et j’ai voulu m’arrêter au début. Mais les personnes avec moi dans la voiture m’ont dit que si je m’arrêtais, j’allais le payer cher », assure-t-il dans le box.
Sans permis ni assurance
Une version qui n’emporte pas l’adhésion de la procureure, qualifiant le prévenu « d’homme qui savait très bien ce qu’il faisait ». Si elle rappelle que ce garçon n’avait ni permis ni assurance, la magistrate considère que cela est bien dérisoire à l’aune de la gravité de ses agissements. Elle requiert deux ans d’emprisonnement avec maintien en détention.
En défense, Me Diane Benoit regrette l’absence des trois autres passagers du véhicule. « Ils auraient permis d’apporter d’autres éclairages ». L’avocate s’emploie à donner de la force à la version de son client : « Il a voulu se rabattre dans l’aire, mais ce sont les autres passagers qui s’y sont opposés », affirme-t-elle. Et Me Benoit appuie sur l’absence de condamnation au casier judiciaire de Mounir pour réclamer une peine « mesurée ».
En dépit des efforts de son avocate, le prévenu est condamné à deux ans de prison ferme avec maintien en détention.
















