La préfecture de l’Aude vient de nommer une directrice de projet pour la reconstruction des Corbières dans l’Aude, neuf mois après le mégafeu qui a meurtri le territoire. Marina Maurès est l’invitée d’Ici Occitanie.
Neuf mois après le mégafeu survenu dans l’Aude , l’Etat a nommé le 4 mai 2026 une directrice de projet pour piloter la reconstruction du massif des Corbières. 17.000 hectares ont été parcourus par le feu en août 2025 et plus de 11.000 hectares ont brûlé. L’invitée d’ICI Occitanie est Marina Maurès, en charge de cette mission de reconstruction.
ICI Occitanie : Quelle est votre mission précise pour les Corbières ?
Marina Maurès : Ma mission en tant que directrice de projet de reconstruction du massif des Corbières va être d’accompagner les acteurs du territoire qui ont été fortement touchés par l’incendie, d’être facilitatrice auprès d’eux, de les accompagner dans leur stratégie à court et moyen long terme sur cette reconstruction.
Vous coordonnez tous ceux qui interviennent sur place depuis cet incendie, comme les agents de l’ONF (Office national des forêts) ?
J’aide les maires, les élus du territoire, je suis à la disposition des services techniques, de l’ONF oui, des équipes de la direction départementale des Territoires du ministère de l’Environnement, les forces de secours.
Comment régénérer la forêt calcinée ?
Cela ne va pas repousser du jour au lendemain, donc il y a un besoin de donner une vision et tous les acteurs doivent la construire ensemble. Il faut une stratégie pensée de reconstruction en tenant compte de différents enjeux : agricoles, touristiques, économiques, et cela au regard de la ressource actuelle, c’est-à-dire un territoire dévasté par les incendies et un territoire qui souffre aussi des évolutions climatiques.
Là où la forêt ne se régénère pas seule, on plante de nouvelles essences ?
Pour que la forêt se régénère, il y a plusieurs temporalités, il y a eu la temporalité de sécurisation après les incendies, ensuite il y a eu le volet d’identification des différentes espèces, et la sortie des bois morts pour permettre de replanter. Il y a eu les travaux de bûcheronnage qui ont permis de sortir une partie des arbres, principalement pour sécuriser les lieux. Maintenant, il convient de continuer cette sortie de bois morts et de faciliter le repeuplement de nouvelles espèces, ce sont les experts de l’ONF qui sont sur place qui savent quoi faire.
Concernant la viticulture, l’incendie a aggravé une crise déjà profonde, comment peut-on envisager l’avenir de la viticulture sur ce territoire ?
La vigne, il faut le rappeler, a eu un effet de pare-feu et c’est très important. C’est un secteur qui est en crise depuis plusieurs années, il convient de se poser la question de son avenir, pour autant on ne peut pas faire sans la viticulture dans les Corbières aujourd’hui. C’est le moteur économique du territoire. Il faut l’accompagner au regard de la ressource en eau avec une sobriété hydrique qui va être nécessaire mais qui en même temps est indispensable. On va avoir une réflexion sur les stratégies viticoles qui vont être mises en place : la viticulture est-elle purement productive ou bien peut-elle avoir d’autres bienfaits sur ce territoire et notamment des bienfaits écologiques en terme de pare-feu vis-à-vis des incendies, ce sont des réflexions en cours.
Vous avez trois ans pour mener cette mission de reconstruction, c’est suffisant ?
Je l’espère. En tous cas j’ai trois ans pour poser le cadre avec les acteurs du territoire et tenter d’obtenir des résultats.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














