Le mois de mai marque chaque année le début de la montée en estive. Pour des centaines d’éleveurs occitans, il signe aussi le retour des nuits à surveiller. En ce printemps 2026, les attaques de loups sur les troupeaux s’accumulent, et les signalements remontent de plusieurs départements de la région.
Des attaques signalées jusqu’aux portes de l’Occitanie
Les faits récents parlent d’eux-mêmes. Début mai, dans la commune de Saint-Haon en Haute-Loire, une exploitation agricole a subi une attaque ayant entraîné la perte d’une dizaine d’agneaux, selon l’Office français de la biodiversité (OFB), qui a aussitôt diligenté des agents pour effectuer les constatations. Quelques jours plus tôt, en Saône-et-Loire, un loup a été photographié par un piège caméra dans la nuit du 4 au 5 mai, avant que deux attaques ne soient recensées dans les jours suivants. Des épisodes qui illustrent une dynamique nationale : en 2025, le prédateur a officiellement fait 13 000 victimes dans les troupeaux ovins à l’échelle du pays, avec une hausse des prédations estimée à +26 % sur l’année.
À la frontière du Lot, la préfecture a réagi fin avril en étendant la zone éligible aux aides de protection, après des dommages sur des troupeaux ovins dans le Cantal voisin. Cinq communes lotoises supplémentaires sont désormais concernées par ce dispositif.
Lozère, Aveyron, Pyrénées-Orientales : les foyers les plus actifs
En Occitanie, certains territoires concentrent l’essentiel de la pression. La Lozère reste le département le plus exposé de la région, avec une dizaine de meutes recensées sur son territoire. Sur les 440 victimes constatées dans le département en 2025, seule une partie a pu faire l’objet d’une indemnisation, ce qui alimente la frustration des éleveurs locaux.
L’Aveyron suit de près, avec le secteur du Sud-Larzac qui totalise à lui seul une part considérable des constats annuels. En août 2025, un loup avait été abattu à Séverac-d’Aveyron après trois attaques en moins de cinq jours, faisant dix-sept brebis tuées ou grièvement blessées.
Du côté des Pyrénées-Orientales, la situation bascule dans une nouvelle phase. Le comité départemental loup s’est réuni le 7 mai dernier, à quelques semaines de la montée des troupeaux vers les pâturages d’altitude. Si aucune meute n’est encore officiellement installée côté français, une meute catalane est désormais signalée juste de l’autre côté de la frontière espagnole, autour des estives de Dorres et du Lanoux. Une présence qui inquiète les éleveurs des vallées frontalières, même si les services de l’État se refusent à toute projection alarmiste.
En Ariège et dans les Hautes-Pyrénées, plusieurs nouvelles meutes ont été identifiées en 2026, dans un massif où le loup cohabite déjà avec l’ours brun, compliquant encore la gestion des conflits avec le pastoralisme.
Des tirs de défense désormais simplifiés
Face à cette pression croissante, le cadre réglementaire a évolué de façon significative. Depuis début avril 2026, les éleveurs n’ont plus besoin d’une autorisation préalable pour procéder à des tirs de défense. Une simple déclaration en ligne auprès des services de l’État suffit désormais. Après réception d’un récépissé, l’éleveur ou un chasseur mandaté peut intervenir à proximité immédiate du troupeau. Ce changement découle du déclassement du loup au niveau européen, passé du statut d’espèce “strictement protégée” à celui d’”espèce protégée” au 1er janvier 2026.
Pour les équipements de protection, un appel à projets de l’État reste ouvert jusqu’au 31 juillet 2026, finançant jusqu’à 80 % de l’achat de chiens de protection et de matériel de clôture. Les préfectures appellent les éleveurs concernés à déclarer toute attaque sans délai auprès de l’OFB, condition indispensable pour accéder aux dispositifs d’indemnisation.














