Le Stade Toulousain s’est lourdement incliné à La Rochelle (38-10) et ne peut pas encore fêter sa qualification directe pour les demi-finales du Top 14. Mais au-delà de ça, c’est l’état d’esprit et le caractère de ses joueurs qu’Ugo Mola, le manager toulousain n’a pas apprécié. Et il ne s’en est pas caché après la rencontre.
Les joueurs parlaient avant le match d’essayer de se rassurer sur le caractère, sur l’état d’esprit. Ce dimanche, ce n’est pas du tout le cas…
Non, force est de reconnaître qu’il en manque. Donc, si en conférence de presse certains ont évoqué le caractère et l’état d’esprit, il était malheureusement absent, on va dire. Enfin absent… Pas à la hauteur pour venir rivaliser avec une équipe qui jouait, elle, un match qualificatif, éliminatoire. Et nous, on s’est sûrement trompés. J’ai cru voir une équipe qui allait jouer un match qui comptait la semaine prochaine, alors qu’on est en vacances [le Stade Toulousain rejouera le 30 mai face à Lyon]. C’est dommage de voir ce niveau d’engagement.
Les joueurs ne semblaient pas vraiment connectés sur le terrain, c’est aussi votre avis ?
Il y a quelques tournants dans le match où malheureusement tu ne marques pas et nous… notre rugby est étroitement lié à la capacité que l’on a à transformer nos temps forts, à marquer. Vous allez me dire, c’est un peu le cas de tout le monde, mais particulièrement quand on se nourrit de marquer des points, de jouer, de tenter. Ce soir, tout ce qu’on a tenté, malheureusement, est tombé du mauvais côté.
Est-ce qu’à ce stade de la saison, avec les points que vous avez au classement, dans quelle mesure cette performance vous contrarie ?
Perdre me contrarie tout le temps. Montrer un visage comme ce soir me contrarie tout le temps. Je pense que malgré notre avance, malgré le fait que ce championnat, on l’a peut-être trop bien géré sur une période de vingt à vingt et une journées, là c’est vrai qu’on court après une forme d’intensité. Alors qu’on a été capables de la mettre la semaine dernière [face à Toulon] de manière assez intéressante. Mais pas ce soir. On savait que notre fin de championnat était complexe avec des déplacements à Castres, à La Rochelle, à Toulon, au Racing. Et avec deux réceptions, on s’est mis une balle dans le pied avec notre défaite contre Clermont. Donc ces confrontations, on savait que les points qu’on prendrait avant nous donneraient du confort au cas où. Le problème, c’est qu’aujourd’hui on n’a plus de confort, et il faut qu’on gagne contre Lyon pour être sûrs d’être dans les deux premiers.
Est-ce que le manque de précision de vos joueurs peut être lié au manque d’intensité ?
Je pense que c’est une bonne analyse. Souvent, quand on balbutie son rugby, c’est qu’on y met pas tout ce qu’il faut.
Comment vous expliquez ce parcours un peu en dents de scie et le visage très différent affiché d’une semaine à l’autre ?
Je ne me l’explique pas forcément toujours, mais peut-être encore à la 24e journée, on va se retrouver à huit points d’avance. Parce que ça nous remet dans un ton qui n’est pas forcément celui de la réalité, mais c’est notre réalité. Donc, je ne vais pas cracher sur les huit points que j’ai d’avance. Malheureusement, c’est tout ce qu’on a fait depuis le début de la saison qui nous a mis dans des conditions comme ça. Je pense qu’avec un peu plus d’intensité, d’application, on aurait peut-être été qualifiés encore plus vite. Mais aujourd’hui, il y a trop d’approximations, trop de ballons perdus proches des lignes, trop de turnovers facilement concédés pour exister face à cette équipe qui a encore une fois mis beaucoup d’énergie et donc mérite évidemment sa victoire. Mais on n’a pas été un poil à gratter très urticant.













