EXCLUSIF. À Toulouse, un retraité de 78 ans s’est fait dérober près d’un million d’euros en lingots et en pièces d’or après avoir été la cible d’une arnaque particulièrement élaborée. Convaincu par un faux procureur de la République que sa banque était corrompue, le septuagénaire a lui-même vidé son coffre-fort avant de remettre son trésor à un prétendu coursier de la justice. Deux des malfaiteurs, manifestement trop gourmands, ont été appréhendés après avoir tenté de voler le reste de sa fortune.
Ils avaient réussi le coup parfait, mais leur avidité leur a joué un vilain tour. À Toulouse, un retraité a été piégé par de redoutables escrocs. Ces individus ont réussi à lui dérober près d’un million d’euros en mettant en œuvre un scénario particulièrement élaboré. Mais après avoir récupéré le magot, les malfrats en ont voulu encore plus. Et les unités de la division de la criminalité organisée et spécialisée ont fini par appréhender des suspects. Le butin, lui, reste introuvable.
L’affaire prend forme le lundi 18 mai 2026. Dans la journée, le téléphone de la victime sonne à plusieurs reprises. Cet homme de 78 ans finit par répondre. La conversation est lunaire : son interlocuteur se présente comme le procureur de la République. Le ton est solennel, le discours extrêmement bien rodé. Le pseudo-magistrat demande au retraité de se rendre à son agence bancaire, prétextant que l’établissement est corrompu, que certains banquiers volent dans les coffres-forts. La discussion est angoissante. Le « procureur » ne lui laisse pas le temps de respirer et finit par le convaincre de la véracité de ses propos.
Un piège redoutable
Après avoir raccroché, le Toulousain, qui réside dans le quartier du palais de justice, se rend immédiatement à son agence de la Société générale. Respectant les consignes du faux magistrat, l’ancien notaire retire des lingots et des pièces en louis d’or pour les mettre à l’abri dans son appartement. Le faux magistrat recontacte ensuite le retraité pour s’assurer de l’exécution de ses directives. Il assure qu’un coursier va passer chez lui pour récupérer le « trésor » et le mettre en lieu sûr. Tout est fait pour faire perdre les repères au retraité et le pousser à croire au mensonge. Ce mardi, vers midi, un individu d’une vingtaine d’années se présente à son domicile, affirmant agir sur ordre de la justice pour sécuriser les fonds. La victime, prise dans un tourbillon de mensonges, donne ses économies. Le préjudice, constitué de lingots et de pièces d’or, est évalué entre 800 000 et un million d’euros par les enquêteurs. Quelques minutes après avoir commis leur méfait, les auteurs disparaissent.
Des malfrats bien renseignés Après les faits, le septuagénaire reprend enfin ses esprits. Il comprend alors que le scénario auquel il a cru est une pure invention et que son argent s’est volatilisé. Épaulé par ses proches, l’homme prévient la police avant de déposer plainte. Nouveau rebondissement ce mercredi après-midi. Après ses déclarations à la police, l’ancien notaire est, une nouvelle fois, contacté par les usurpateurs visiblement très gourmands et bien renseignés sur la fortune de leur cible. Mais cette fois, la victime est avertie du danger. Elle continue de jouer le jeu des escrocs tout en prévenant la police. Une manœuvre qui permet d’appréhender un jeune majeur et un mineur ce vendredi en fin d’après-midi. Les deux suspects sont probablement des petites mains recrutées pour quelques milliers d’euros sur les réseaux sociaux par les instigateurs. Mais des vérifications sont en cours pour connaître l’étendue de leur implication.
À ce stade des investigations, les enquêteurs analysent les images de vidéoprotection installées dans la rue et devant le logement. Difficile d’imaginer que les malfaiteurs aient agi seuls et par hasard. Ils avaient forcément connaissance d’un coffre-fort bien garni dans une banque. La police nationale n’écarte pas la possibilité que les auteurs aient déjà été en lien avec la victime. Des pistes liées au grand banditisme devraient aussi être explorées. Reste désormais à connaître la destination de cet or. Les lingots sont généralement identifiables par un numéro de série gravé dessus. En France, il est impensable de négocier un tel trésor sans fournir de justificatif d’achat ; pour écouler l’or, les trafiquants devront probablement solliciter leurs réseaux internationaux.
Des lingots volés dans le Tarn-et-Garonne l’an dernier
Ce mode opératoire n’est pas sans rappeler un vol d’envergure survenu à Verdun-sur-Garonne (Tarn-et-Garonne) un an plus tôt, où un butin similaire constitué d’or et d’œuvres d’art avait été dérobé. Ce jour-là, des malfrats avaient disparu au volant d’une camionnette remplie d’or et de tableaux. Un véhicule volé sur le parking d’une société de livraison. La cargaison n’a jamais été retrouvée, mais un homme avait été mis en examen par la juridiction interrégionale et spécialisée de Bordeaux.













