Première dans le téléphérique toulousain : le chanteur Phénakis, en lien avec Tisséo, organise un concert dans une cabine le 31 mai. Il présentera les morceaux qu’il a enregistré l’an dernier dans Téléo. Un projet original de la part d’un artiste créatif qui a même conçu un parfum d’ambiance pour la cabine.
On savait que le téléphérique toulousain, qui survole en silence la colline de Pech-David et la Garonne avec vue sur les Pyrénées par temps dégagé, séduisait les touristes et les Toulousains curieux. Mais le premier téléphérique urbain de l’Hexagone, qui vient de fêter ses quatre ans, inspire aussi les artistes. En 2024, le trompettiste Daoud y a enregistré une vidéo, comme avant lui le guitariste Bernardo Sandoval. Et voici qu’un chanteur de 26 ans, Raphaël Bach, alias Phénakis, sans doute promis à de beaux succès, propose un concert dans une cabine, pendant le service habituel de Téléo, le dimanche 31 mai. Une première, fruit du hasard mais surtout d’un projet très travaillé.
La chanson française – qui est son registre sur un mode intimiste, celui de la « bedroom pop » -, Raphaël Bach s’y est lancé, en autodidacte, d’une façon d’abord prosaïque, au contact direct du public : sur la place du Tertre, à Montmartre, au milieu des touristes du monde entier. Aznavour, Édith Piaf et autres classiques ont assuré le succès et de généreux pourboires au chanteur né à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis.
Parfum d’ambiance
Toulousain depuis cinq ans, l’artiste a remisé le béret et la baguette pour développer, entre-temps, un style bien à lui. « J’ai toujours voulu que les choses que j’entreprends aient du sens. » Notamment les concerts conçus comme des moments de rencontres interactives. Ainsi, dans un village de l’Ardèche, Raphaël Bach a interviewé des habitants et conçu des virgules sonores qui ont été intégrées dans ses spectacles. Une expérience qui devrait être renouvelée en Haute-Garonne.
Autre invention, réalisée avec des amis, un logiciel qui permet de projeter sur scène des dessins en mouvement et sur lesquels le public, via une application, peut interagir. Car Raphaël Bach compose, chante et dessine également. De même, il a créé un parfum qui sera utilisé dans la cabine pendant son spectacle.
Dix personnes par voyage
La rencontre avec Téléo est, elle, fortuite. Habitant du quartier de Lafourguette, le Toulousain se rendait régulièrement dans les studios de Campus FM, à Rangueil, pour animer une émission. « Avec ma trottinette, je prenais le téléphérique. » Et dans la cabine suspendue, hors du temps, il s’est senti comme dans un cocon. « C’est un lieu qui m’apaise. » Un lieu de refuge aussi « quand je vais pas bien. Et qui s’est ancré dans mon quotidien. »
À la fois public et intime, le téléphérique est devenu le cadre et le sujet d’une démarche artistique. Celui qui s’était engagé en politique à Livry-Gargan, sur une liste d’union de la gauche, s’est investi dans son quartier et, par le biais de la maire du secteur, Nina Ochoa, est entré en contact avec Tisséo qui a dit oui à sa proposition. Pendant deux semaines, l’an dernier, à raison de deux heures par jour, Raphaël Bach a bénéficié, pendant le service de Téléo, d’une cabine pour lui tout seul. Il y a composé et arrangé son « EP », un mini-album, et réalisé des dessins. « Les gens me voyaient dans ma cabine et ne pouvaient pas entrer. J’ai eu l’idée de leur ouvrir les portes. »
Comment faire un concert dans un si petit espace ? Phénakis l’explique dans une vidéo sur Instagram qui sert d’annonce à l’événement. Cinq personnes seront installées sur les bancs, à l’avant, et autant à l’arrière. Au milieu, l’artiste chantera et expliquera son projet pendant la diffusion de ses morceaux. L’aller-retour au départ de l’Oncopole dure 25 minutes. Plusieurs parcours sont prévus à partir de 14 h 25 pendant quatre heures environ. Il n’y aura pas de place pour tout le monde et il faut réserver (sur Clubéo, le programme fidélité de Tisséo, ou HelloAsso Phénakis). Le prix ? Un ticket Tisséo.













