Dans la cité de la Reynerie, la nuit n’a pas encore basculé dans le silence complet lorsque les policiers interviennent cheminement Louis-Auriacombe. Il est 23 h 54. Dans ce secteur, connu des services de police pour ses trafics de drogue, une première affaire d’arme ouvre la séquence : un individu est interpellé pour port d’arme de poing et détention de fausse monnaie.
Quelques heures plus tard, la nuit s’alourdit. À 5 h 30, les policiers sont de nouveau appelés, cette fois rue Aristide-Maillol, dans une petite cité tout près du quartier des Pradettes. Un homme de 21 ans a été blessé par balle. Il présente une plaie saignante dans le dos. Il aurait été pris pour cible quelques minutes plus tôt à une rue de là.
Deux hommes vêtus de sombre, masqués, seraient arrivés à moto avant d’ouvrir le feu dans sa direction. La victime évoque une arme de poing. Une dizaine de détonations auraient claqué. Les tireurs auraient ensuite pris la fuite.
Aucune douille n’est retrouvée dans l’immédiat. L’homme blessé est transporté à l’hôpital. Son pronostic vital n’est pas engagé. Une habitante a signalé la présence d’impacts sur son véhicule.
Une tension permanente dans le Grand Mirail
Moins d’une heure plus tard, un second blessé par balle apparaît, cette fois aux urgences de Purpan. À 6 h 20, un homme de 38 ans est déposé à l’hôpital avec une blessure à la cuisse droite et des traces de coups à la tête. Là encore, ses jours ne sont pas en danger.
Trois voitures se seraient arrêtées à sa hauteur. À bord, une dizaine d’individus cagoulés. La victime affirme avoir reçu plusieurs coups de crosse à la tête avant d’être touchée à bout portant à la cuisse droite. La balle aurait traversé.
L’homme dit ne pas connaître ses agresseurs. Les auteurs, masqués, ont disparu avant l’arrivée des forces de l’ordre. À ce stade, rien ne permet d’affirmer que cette seconde affaire est liée aux tirs signalés un peu plus tôt. Mais la proximité horaire, l’usage d’armes à feu et le contexte imposent aux enquêteurs d’examiner cette hypothèse. L’interpellation survenue avant minuit ne serait pas rattachée à ces affaires.
Trois séquences, trois adresses, trois affaires différentes peut-être, mais un même fil : la circulation des armes dans certains secteurs toulousains. Depuis plusieurs mois, les coups de feu se multiplient dans les quartiers du Grand Mirail.
Derrière ces épisodes, les enquêteurs retrouvent souvent les mêmes enjeux : contrôle de points de deal, représailles ou encore intimidation. Cette nuit-là, aucun mort n’est à déplorer.















