Un cobra naja a été aperçu il y a deux semaines sur la commune de Castelginest, au nord de Toulouse. Une situation aussi inhabituelle qu’inquiétante. Pour comprendre les enjeux liés à la détention de reptiles exotiques, nous avons rencontré l’association Agir pour les animaux et sa responsable, Betty Loizeau.
La Dépêche. Pourquoi la présence d’un cobra à Castelginest est-elle une situation particulièrement préoccupante ?
Betty Loizeau. Ce genre de situation est extrêmement préoccupant. Posséder un NAC (nouvel animal de compagnie), et en particulier un serpent venimeux comme un cobra, est très réglementé en France. Il faut des autorisations spécifiques, un certificat de capacité et des infrastructures adaptées. Il est donc probable que cet animal ait été acquis illégalement avant d’être relâché dans la nature. C’est à la fois dangereux pour les habitants et leurs animaux, mais aussi totalement irresponsable pour le serpent lui-même. Il se retrouve en dehors de son environnement naturel, complètement désorienté, vulnérable et potentiellement en grande souffrance. Un animal dangereux… et lui-même en danger. Quelqu’un détient forcément illégalement des animaux exotiques sur la commune. Ce n’est malheureusement pas la première fois que cela arrive à Castelginest : il y a déjà eu un caïman ainsi qu’un autre animal du même type signalés auparavant.

Accueillez-vous des serpents au refuge ?
Non, car cela demande des connaissances très spécifiques ainsi que des installations adaptées que nous ne possédons pas. On ne s’improvise pas refuge pour reptiles, encore moins pour des espèces potentiellement dangereuses. Lorsque nous recevons des demandes concernant des serpents, nous orientons les personnes vers des associations spécialisées et habilitées à les prendre en charge.
Vous est-il déjà arrivé qu’on vous dépose des serpents ?
Oui, malheureusement. Un jour, j’ai découvert un terrarium devant le refuge. Au départ, j’ai pensé qu’il s’agissait simplement d’un don de matériel… avant de voir qu’il y avait deux serpents à l’intérieur. C’était un abandon particulièrement lâche et irresponsable. Nous avons immédiatement contacté une association spécialisée afin que les deux animaux soient pris en charge dans de bonnes conditions.










