Après le meurtre d’un homme quartier du Pin, à Agen, le maire Laurent Bruneau a publié un communiqué particulièrement ferme. Alors que trois morts violentes ont marqué la ville en un mois, l’élu décrit une situation devenue « grave, préoccupante et urgente » dans ce secteur où habitants et commerçants dénoncent depuis longtemps un climat de tension.
Le ton est ferme et particulièrement direct. Au lendemain du meurtre survenu quartier du Pin, à Agen, le maire Laurent Bruneau a publié un long communiqué dans lequel il décrit une situation devenue selon lui « préoccupante et urgente » dans ce secteur de la ville.
Mercredi 27 mai en fin d’après-midi, un homme a été mortellement blessé d’un coup de couteau au thorax lors d’une rixe survenue dans le square du Pin. Malgré l’intervention des secours, la victime n’a pas survécu. Les circonstances exactes restent encore à déterminer, mais plusieurs témoins évoquent un groupe de personnes marginalisées qui aurait consommé de l’alcool une grande partie de la journée avant que la situation ne dégénère. Dans sa prise de parole, le maire affirme ne pas avoir été surpris par ce drame.
« Le Pin concentre toutes les problématiques »
Dans son communiqué, Laurent Bruneau décrit un quartier confronté à de nombreuses difficultés sociales et sécuritaires. Le maire évoque notamment « pauvreté, mal-logement, logement indigne, détresse sociale, maladie mentale, délinquance, trafic de stupéfiants, violence et alcoolisme ». « Ne nous voilons pas la face, ne faisons pas d’angélisme : la situation place du Pin est grave, préoccupante et urgente », écrit-il. Le quartier du Pin est classé quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV).
Depuis plusieurs années, des habitants et commerçants alertent régulièrement sur un sentiment d’insécurité croissant dans le secteur. Une association baptisée « Sauvons le quartier du Pin » a récemment été créée par des riverains et des commerçants du quartier.
Dans leur texte de présentation, les membres du collectif évoquent « des habitants qui ne se sentent plus aussi sereins qu’avant », des clients qui « hésitent à venir » ainsi qu’une dégradation progressive de l’ambiance dans le quartier. Le collectif affirme vouloir obtenir « des engagements clairs » sur la sécurité, l’attractivité et l’avenir du secteur.
Trois meurtres en un mois à Agen
Le drame du Pin intervient alors qu’Agen a déjà été marquée par plusieurs affaires violentes depuis le début du mois de mai. Le 1er mai, une femme de 29 ans avait été retrouvée morte allée Châteaubriand avec une blessure au cou. Un homme d’une trentaine d’années, présenté comme son ancien compagnon et père de son enfant, avait rapidement été interpellé. L’enquête se poursuit dans ce dossier qui pourrait être qualifié de féminicide.
Quelques jours plus tard, un autre homicide avait profondément choqué les habitants. Le 2 mai, un homme sans domicile fixe avait perdu la vie après une soirée alcoolisée rue Roussanes. Le principal suspect, lui aussi sans-abri, s’était présenté au commissariat après les faits.
Trois affaires distinctes, dans des lieux différents et pour des raisons différentes, mais dont l’enchaînement alimente désormais un climat particulièrement lourd dans la ville.
Le maire pointe aussi la vente d’alcool
Dans son communiqué, Laurent Bruneau revient également sur les heures ayant précédé le drame du Pin. Il explique que les policiers municipaux étaient intervenus plusieurs fois mercredi après-midi pour faire appliquer l’interdiction de consommation d’alcool dans le jardin public.
Selon lui, des contraventions avaient déjà été dressées et une première altercation avait nécessité une intervention des agents. Mais le maire affirme qu’un commerce de proximité aurait continué à vendre de l’alcool à certaines personnes présentes malgré « leur état d’ivresse manifeste ».
Une contravention aurait été dressée avant le drame et le dossier transmis à la préfecture. « La sanction peut aller jusqu’à la fermeture administrative du commerce », précise-t-il.
« La sécurité du quotidien, c’est l’affaire de tous »
Dans sa prise de parole, Laurent Bruneau réclame également davantage de moyens de police nationale pour Agen. Le maire annonce avoir écrit au ministre de l’Intérieur afin d’obtenir des effectifs supplémentaires. Il évoque aussi un futur rapport sur l’efficacité du dispositif de vidéoprotection autour de la place du Pin.
Mais l’élu insiste sur le fait que la situation ne pourra pas être réglée uniquement par la répression. « Le meurtre de ce mercredi n’arrive pas faute de présence policière », écrit-il. Le maire estime qu’un travail de fond devra aussi être mené sur l’accompagnement social, le logement ou encore la prise en charge des troubles psychiatriques.
Une réunion avec les services de l’État et la préfecture doit être organisée rapidement afin de proposer « une réponse rapide et concrète » aux problématiques du quartier.













