À moins d’un an de la présidentielle de 2027, les clients du marché Cristal à Toulouse affichent surtout fatigue, colère et désillusion face à la politique. Entre défiance envers les élus, peur des extrêmes et perte de confiance dans le vote, beaucoup disent ne plus croire aux promesses des candidats.
Connu pour être l’un des moins chers de Toulouse, le marché alimentaire Cristal, en plein centre de la Ville rose le long du boulevard de Strasbourg, ne désemplit pas ce vendredi matin malgré la chaleur. Dans ce marché de plein vent, la plupart des Français rencontrés n’avaient pas la tête à penser aux élections présidentielles qui auront lieu dans moins d’un an. Entre les étals de fruits et de légumes, les discussions tournaient davantage sur les prix qu’autre chose. À la moindre mention de ce scrutin qui arrive à grands pas, la plupart des clients ont préféré souffler, comme exaspérés par le climat politique actuel.
« Je ne suis pas du tout les élections, je pense que ça ne changera pas. Je n’ai jamais voté et je ne compte pas voter, même si je sais que ce n’est pas bien », résume lapidairement Mélissa, 38 ans. « Plus je suis les élections, plus les hommes politiques me fatiguent. Je suis perdue et je n’ai pas d’idée précise pour qui je vais voter pour le moment. Ils nous prennent pour des andouilles et ça, c’est fatigant », estime pour sa part Nina, retraitée depuis deux ans après une carrière comme aide-soignante.
Une profonde défiance
Au milieu des allées, le sentiment qui règne semble être celui de la désillusion. Des Français déçus à cause des promesses non tenues et de l’impression que rien ne change malgré les élections. C’est par exemple le cas de Gérard, 80 ans, qui « n’attend rien » car « n’importe qui peut passer, ça ne changera rien ». « Je ne suis pas ce qu’il se dit à la télé, je ne les écoute plus », souffle-t-il. Pour Françoise, les hommes politiques « ne servent à rien car de toute façon, ils font ce qu’ils veulent et ils sortent des lois sans prendre en compte l’avis des gens », déplore-t-elle.
Face à ce sentiment d’impuissance, Gérard a décidé de voter pour le Rassemblement national pour la première fois en 2027 : « Je vais voter pour eux même si je sais qu’ils ne pourront rien faire car c’est l’Union européenne et le Conseil constitutionnel qui nous dirigent et il faut sortir de l’Europe », affirme-t-il en ajoutant que pour lui « le problème numéro un est l’immigration ».
« Ils se foutent de la gueule du monde »
Un avis que ne partage pas Éric. Cet enseignant de 62 ans espère que le prochain président défendra « plus de bienveillance et de tolérance » contrairement à « des hommes politiques intolérants comme Bruno Retailleau, qui s’acharnent sur l’islam alors que ce n’est pas ça le problème ». « Je veux plus de justice, d’équité, plus de contrôle des grands médias qui font l’opinion et que la finance retrouve une place moins marquée qu’aujourd’hui », abonde-t-il. Déjà certain de son choix pour 2027, il regrette cependant que la classe politique en général « se foute de la gueule du monde ».
D’autres suivent les débats politiques mais ne sont pas encore décidés. « Je les suis de loin. Je m’y intéresse inexorablement et je me demande même si j’irai voter », confie Didier, 66 ans. Selon ce retraité, le premier problème avant cette élection est la montée des extrêmes : « J’ai peur d’un second tour Mélenchon contre Bardella« . Il explique n’avoir pas encore fait son choix « car il n’y a pas de candidat modéré avec qui je suis satisfait et le peu déclarés ne m’ont pas convaincu. »
Un sentiment partagé par Guy, 87 ans, qui explique être pour la « première fois autant perdu à cause de toutes ces déceptions depuis quelques années ». « Je ne lis plus les programmes car je n’y crois plus », conclut-il.












