Partir en vacances cet été va coûter plus cher. Beaucoup plus cher. Depuis le mois de mars, Air France et KLM ont relevé leurs tarifs à deux reprises sur les vols long-courriers, sous l’effet d’un choc pétrolier brutal déclenché par le conflit au Moyen-Orient. Pour les voyageurs qui transitent par Paris au départ de Toulouse-Blagnac, la note grimpe sensiblement, et rien n’indique que la tendance va s’inverser avant l’été.
Le kérosène s’emballe, les billets suivent
Tout part des frappes américano-israéliennes sur l’Iran fin février et du blocage du détroit d’Ormuz qui s’est ensuivi. En quelques semaines, le prix du kérosène a bondi de près de 96 % en un mois, pour atteindre 195 dollars le baril fin mars. Une flambée aussi soudaine qu’inédite, qui a mis les compagnies aériennes du monde entier sous pression.
Air France-KLM n’a pas tardé à réagir. Le groupe avait pourtant sécurisé en amont 87 % de sa consommation de kérosène pour le premier semestre 2026 via des contrats à terme, ce qui lui offrait un coussin de protection temporaire. Mais face à la persistance de la crise, cette protection n’a pas suffi.
Deux vagues de hausses en moins de six semaines
Le 11 mars 2026, Air France et KLM ont enclenché une première augmentation : 50 euros de plus par aller-retour en classe économique sur les vols long-courriers. Dès le 26 mars, une deuxième vague est venue s’y ajouter, portant le total à 100 euros supplémentaires par rapport aux tarifs de début d’année en classe économique.
Les voyageurs qui voyagent en premium économique ne sont pas épargnés : la surcharge atteint 200 euros aller-retour. Pour les classes affaires et La Première, elle double encore pour grimper à 400 euros. Même les vols court et moyen-courriers sont touchés, avec une majoration de 10 euros aller-retour, Transavia inclus.
Les liaisons transatlantiques méritent une attention particulière. Sur les routes vers les États-Unis, le Canada et le Mexique, opérées dans le cadre de la joint-venture avec Delta Air Lines, la surcharge s’établit à 70 euros aller-retour en économique. Sur un Paris-Montréal ou un Paris-New York, le seul supplément transporteur (la fameuse taxe YR) dépasse désormais 319 euros.
Ce que ça change depuis Toulouse
Air France n’opère pas de liaisons long-courriers directes depuis Toulouse-Blagnac. Mais la quasi-totalité des grands voyages des Toulousains passe par Paris-Charles de Gaulle, où le groupe concentre son réseau intercontinental. Amériques, Asie, Afrique : quelle que soit la destination, la surcharge carburant s’applique pleinement sur le billet final, sans exception.
L’aéroport de Blagnac traversait déjà une période compliquée. Le trafic passagers y a reculé de 2,2 % au premier trimestre 2026, après la fermeture de la base easyJet et la hausse de la fiscalité sur les billets d’avion, qui avaient déjà pesé sur la fréquentation. Cette nouvelle couche tarifaire arrive donc au pire moment pour les voyageurs toulousains qui planifient leurs départs estivaux.
Quelques pistes pour limiter les dégâts
La situation n’est pas totalement sans issue. Plusieurs leviers permettent de réduire l’addition. Réserver maintenant reste le premier réflexe à adopter : un billet acheté aujourd’hui fixe le tarif actuel et ne sera pas rétroactivement surtaxé si une troisième vague de hausses devait survenir. Jouer sur la flexibilité des dates peut aussi faire la différence : décaler un départ de quelques jours fait parfois baisser la facture de trente à cinquante euros selon les comparateurs.
Les compagnies low-cost représentent une autre option sérieuse pour les destinations européennes. Depuis Blagnac, le réseau s’est même étoffé cet été avec de nouvelles liaisons, notamment vers Oslo avec Norwegian ou vers La Réunion avec Corsair. Ces alternatives ne couvrent pas les longues distances, mais pour les escapades européennes, elles restent bien en dehors de la logique des surcharges carburant d’Air France.
Un été sous pression
Willie Walsh, directeur général de l’IATA, l’autorité mondiale du transport aérien, a prévenu sans ambages : les billets d’avion pour l’été 2026 seront inévitablement plus chers, avec des tarifs attendus entre 20 et 40 % au-dessus de ceux de 2025. Tant que la situation géopolitique au Moyen-Orient reste instable et que les espaces aériens de la région demeurent perturbés, aucun retour à la normale n’est à prévoir.
Pour les voyageurs qui comptaient profiter des grandes vacances pour s’offrir un vol vers New York, Montréal ou Bangkok, il faudra soit revoir le budget à la hausse, soit s’armer de patience et espérer une accalmie côté pétrole. Ce que personne, pour l’heure, n’est en mesure de promettre.











