Un corps a été retrouvé dans un silo à grains à Puycasquier, dans le Gers, après une semaine de recherches. L’autopsie doit encore confirmer s’il s’agit bien de la fillette disparue à Fleurance. L’émotion est immense dans la commune.
Le pays est bouleversé après la découverte d’un corps , jeudi 4 juin, qui pourrait être celui de la petite Lyanna, disparue à Fleurance une semaine plus tôt. Les vêtements retrouvés « sont similaires » à ceux de la fillette. Depuis, les recherches se sont concentrées sur la commune de Puycasquier, dans le Gers, où le corps a été découvert dans un silo à grains. Le maire de la commune, Louis Turchi, revient sur cette journée et sur l’émotion qui traverse tout le territoire.
ICI Occitanie : L’autopsie doit confirmer dans les heures qui viennent s’il s’agit bien du corps de Lyhanna… on imagine que cela provoque une grande émotion chez vous ?
Louis Turchi : Tout à fait. Déjà personnellement, je suis extrêmement bouleversé, comme toute la population. Toutes les personnes du village que j’ai rencontrées expriment vraiment cette détresse, cette tristesse. Tout le monde avait l’espoir que cette histoire trouve une issue favorable, hélas le sort en a décidé autrement. Et maintenant, je crois qu’il faut penser à la détresse de la famille. Toutes nos pensées vont aux proches et à la famille qui, malheureusement, n’a plus d’espoir, je pense.
Quelle a été votre réaction, quand vous avez découvert hier que le corps se trouvait sur votre commune ?
D’abord, je vous dis ce bouleversement, cette tristesse, et en même temps ce côté presque de dire qu’on est complice, presque sans le vouloir bien sûr, mais complice d’une issue malheureuse. Comment chez nous, sur nos terres, peut-on être complice d’un tel acte ?
Qu’est-ce qui a mené les gendarmes jusqu’à Puycasquier ?
Je pense qu’ils ont eu des informations… peut-être par la voiture, peut-être, je ne sais pas. J’ai eu de nombreux contacts avec les gendarmes qui sont venus, mais on n’a jamais abordé ce sujet. C’est couvert par le secret de l’enquête.
On dit que le suspect connaissait les lieux, il y a même travaillé ?
Oui, c’est ce que j’ai entendu moi aussi, il y aurait travaillé, il y a de nombreuses années.
C’est quoi cet endroit, ce silo ? Il est abandonné ?
Oui, c’est un silo qui ne sert plus maintenant. Il appartenait à la coopérative agricole Val-de-Gascogne. Et il y a quelques années, les agriculteurs, au moment des moissons en juillet-août, amenaient avec leur tracteur et leur remorque le grain dans ce silo. Maintenant il n’est plus utilisé parce que tous les agriculteurs ont leur propre silo chez eux. Donc il n’existe plus, effectivement, il est là, mais il est vide.
Le corps découvert dans le silo, il était caché, de ce que vous savez ?
Je ne sais pas, honnêtement.
L’endroit est assez isolé ? C’est pour ça que le suspect est venu ?
Non, pas vraiment. Il n’est pas vraiment isolé. Il est à 50 mètres de la départementale, il est visible de partout, il y a un parking devant. Il n’est pas isolé.
Le suspect mis en examen avait une connaissance du territoire ?
Le suspect, d’après ce que je sais, n’habite pas loin. Tout est dans un périmètre assez étroit. Nous sommes à 15 kilomètres de Florence, environ 10 kilomètres de Montestruc. On est vraiment sur un périmètre très étroit, on est tous voisins.
Aujourd’hui, les recherches se poursuivent sur votre commune ?
Oui. J’ai eu d’abord M. le préfet qui m’a appelé, j’ai eu beaucoup de soutien de personnalités. M. le préfet m’a averti de l’arrêté qu’il a pris : la départementale est coupée pour permettre les travaux et les investigations de la justice. Normalement, la route est coupée jusqu’à samedi midi.
À quel moment apprenez-vous que les recherches se resserrent précisément autour du lieu ?
Moi, je l’ai appris vers 16h. Je passais à côté, j’ai vu des gendarmes, je me suis arrêté. Ils m’ont dit qu’ils entamaient des fouilles, mais c’est tout. Ensuite, j’ai eu un appel de M. le préfet et du commandant de la gendarmerie d’Auch qui m’ont averti des résultats de la fouille.
Le temps est au deuil, mais la polémique enfle, compte tenu du profil du suspect. Le maire de Fleurance a soutenu publiquement les gendarmes, puisque l’image de la justice et de la gendarmerie est ternie. Vous, quel est votre sentiment ?
Moi aussi, je soutiens totalement les gendarmes. Ils ont fait un travail remarquable. Si on arrive à ce résultat, c’est grâce à l’énorme travail des gendarmes, et aussi au travail de mon collègue, le maire de Fleurance, et à toute la population locale. Il y a eu un élan de solidarité énorme. Les gens n’acceptent pas ce drame et auraient tout fait pour l’éviter.
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