C’était la dernière fois qu’il menait un tel sommet et le ton était donné avant même le début de ce rendez-vous. « J’en ai assez du défaitisme qu’on entend sur la France et sur l’Europe », avait lancé Emmanuel Macron en pleine visite de l’usine du Thermomix, le 29 mai dernier. Pour cette édition 2026, l’ambition était donc affichée : surpasser les huit précédentes en attirant toujours plus de projets étrangers sur le territoire, dans les domaines de la recherche, du développement et de l’industrialisation.
Au Château de Versailles, ce lundi 1er juin, les annonces et initiatives des chefs d’entreprises étrangers n’ont pas manqué. En chiffres : plus de 93 milliards d’euros investis et 15 600 emplois affichés, issus de 71 projets de firmes étrangères.
Le nord de la France : terre d’accueil de nombreuses installations liées à l’intelligence artificielle
En tête, le géant japonais SoftBank, qui prévoit d’injecter 75 milliards de dollars en France — dont 45 milliards d’ici 2031 — pour développer plusieurs centres de données dans les Hauts-de-France (Dunkerque, Bosquel et Bouchain). Un choix stratégique, justifié par l’abondance et la nature largement décarbonée de l’électricité française, un atout de taille pour des infrastructures aussi énergivores que les data centers.
D’autres déploiements de méga serveurs sont prévus à Béthune (par Nebius) ou encore à Escaudain (par Brookfield), des communes elles aussi situées dans les Hauts-de-France. Xavier Bertrand, président de la région, se réjouit de voir son territoire s’imposer comme un pôle majeur : « Faire des Hauts-de-France l’un des moteurs européens de l’IA au service de l’emploi, de l’industrie et de notre souveraineté : voilà notre ambition. »
Si le nord de la France concentre les grandes infrastructures physiques de l’IA, Paris s’impose quant à elle comme un véritable hub stratégique pour les services et l’ingénierie technologiques. De nombreuses entreprises spécialisées dans l’innovation et le déploiement de l’IA, à l’image de Databricks, Salesforce ou encore d’Oracle, souhaitent y renforcer leur présence.
La logistique, autre grand bénéficiaire des investissements étrangers
Pas d’exception géographique cette fois. Qu’il s’agisse de la construction de 4 nouveaux sites logistiques par Amazon, de l’implantation de nouveaux entrepôts par GXO, ou encore de l’automatisation des centres de distribution d’InPost (maison mère de Mondial Relay), c’est bien la majorité de l’Hexagone qui bénéficiera de ces investissements. Pour Roland Lescure, ministre de l’Économie, si la France séduit autant dans ce secteur, c’est parce qu’elle conjugue des infrastructures et une main-d’œuvre de qualité.
Pour d’autres acteurs du secteur, tels que DHL, ces investissements sont aussi fléchés vers la transition écologique – électrification de la flotte, recours à l’énergie solaire – et concernent a priori l’ensemble du territoire.
D’autres annonces ont également été faites dans le domaine de la transition énergétique, de la santé ou encore de l’agroalimentaire. Quels projets ont été annoncés dans votre région et quelles promesses d’emplois ? Le détail des investissements par secteur, par pays et par département, dans ce moteur de recherche :
Reste désormais à voir si les calendriers, montants et prévisions d’emplois annoncés lors de ce sommet seront bel et bien tenus. Emmanuel Macron, lui, s’y engage : « Je ne suis pas seulement attaché aux annonces. Je suis attaché à la mise en œuvre, à l’exécution et à m’assurer que nous rendons cela réel », a-t-il déclaré en clôture de cette journée, face aux 200 dirigeants d’entreprises étrangers.













