EXCLUSIF. Ce 4 juin 2026, le tribunal correctionnel de Toulouse a jugé Firmin, un ingénieur de 28 ans diplômé de Polytechnique au Cameroun, pour une prise d’otages survenue en 2025 à l’agence BNP Paribas du boulevard Lazare-Carnot. Ce scientifique brillant, salué par ses pairs avant de sombrer dans un délire, avait menacé de faire sauter l’établissement pour attirer l’attention sur son projet d’électricité gratuite mondiale. Son sac ne contenait qu’une manette de console et des fils de cuivre. Confronté au traumatisme des employées et aux expertises psychiatriques pointant sa dangerosité, le tribunal l’a condamné à quatre ans de prison ferme avec obligation de quitter la France.
Il est entré dans la banque avec un sac rempli d’explosifs et s’est adressé à sa conseillère pour réclamer 3 000 €. Un an et demi après cette folle prise d’otages dans la Ville rose, Firmin, aujourd’hui âgé de 28 ans, comparaissait devant le tribunal correctionnel ce 4 juin 2026. Ce brillant scientifique, autrefois estimé de ses pairs, semble avoir perdu pied. « Je voulais faire parler de mon projet », assure-t-il depuis le box des prévenus, toujours convaincu par sa théorie jugée « irréaliste » par les experts du monde entier. Le Camerounais, diplômé de l’École polytechnique de son pays, a en effet sombré dans une obsession qui l’a poussé à commettre cet acte insensé.
Le 1er mars 2025, Firmin, vêtu d’un boubou de cérémonie, fait irruption en plein après-midi dans l’agence BNP Paribas du boulevard Lazare-Carnot, à Toulouse. Visage découvert, sac de sport sous le bras, il s’adresse à une première employée. Selon le président du tribunal, Fabrice Rives, le prévenu exigeait 3 000 € sous peine de tout faire sauter, mais sa demande n’a pas été prise au sérieux par l’une des salariées qui l’a immédiatement reconnu comme étant son client.
Fil de cuivre et PlayStation 5…
L’homme, déstabilisé par le comportement des victimes, s’emporte et casse un ordinateur. La majorité du personnel parvient à s’enfuir, à l’exception de trois femmes, dont une jeune mère de famille. « Vous avez demandé à une des otages de sortir au guichet pour retirer l’argent. C’est original, je n’avais jamais connu un braquage identique dans ma carrière », ironise le magistrat.
Après son interpellation, qui s’est déroulée dans le calme, son sac à dos est fouillé. Aucun explosif mais un fil de cuivre, une batterie électrique et une manette de PlayStation 5. « C’était un acte pour attirer l’attention. Je voulais être entendu par la population parce que mon projet méritait d’être connu. » Firmin assure pouvoir produire de l’électricité gratuitement pour toute la planète. Il a tenté de lever 500 000 € sur des plateformes participatives, sans jamais récolter le moindre euro. Ses amis, le voyant à la dérive notamment lorsque ses discours délirants le conduisaient aux frontières du complotisme, l’ont peu à peu abandonné. Fabrice Rives insiste par ailleurs sur le rapport de l’expert psychiatre, lequel note chez le prévenu une conviction délirante susceptible de le rendre violent, rappelant que ses actes ont des conséquences bien réelles sur les autres.
« Pas la volonté de terroriser »
Les trois employées de l’établissement, aujourd’hui constituées parties civiles, restent profondément traumatisées et « marquées par la peur », selon les termes du procureur. « Son objectif était de faire peur et il a réussi », note le parquet qui requiert cinq ans d’emprisonnement assortis d’une interdiction définitive de territoire et de l’obligation d’indemniser les victimes.
La plaidoirie de Me Nicolas Raynaud de Lage, en défense, entraîne l’audience sur un autre terrain. Celui de la folie pure, sans violence. « Il n’a pas la volonté de terroriser. C’est un homme dans une forme de désespoir. Sa pathologie l’éloigne de la réalité ».
Le tribunal a finalement suivi l’essentiel des réquisitions : Firmin est condamné à quatre ans de prison ferme, assortis d’une obligation de quitter le territoire français et de 10 000 € de dommages et intérêts à répartir entre les victimes.













