INFO LA DEPECHE. Le Beluga s’apprête à rejoindre Aeroscopia, marquant la fin d’une ère pour Airbus. Ce géant du ciel s’immobilisera prochainement sur le tarmac nord du musée, entre l’A380 et l’A340-600. Pour les visites à l’intérieur de l’appareil, il faudra néanmoins patienter encore quelques mois.
C’est officiel, le mythique Beluga va faire son entrée au musée Aeroscopia de Blagnac, près de Toulouse. Sous réserve qu’il n’y ait pas de rafales de vent supérieures à 70 km/h, il doit arriver le 24 juin prochain. Ce géant des airs aux allures de cétacé doit être tracté dans la matinée du site industriel d’Airbus jusqu’au tarmac nord d’Aeroscopia. Plusieurs centaines de salariés d’Airbus devraient l’accompagner, à pied, pour cet ultime voyage. Après avoir traversé la rue Béteille, la « baleine », comme on le surnomme affectueusement, va alors se frayer un chemin entre les avions pour atteindre son emplacement.
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L’espace étant limité sur le parking extérieur du musée, les équipes du musée et de l’avionneur vont devoir jouer à Tetris. Le Beluga sera en effet positionné entre l’A380 et l’A340-600, là où se trouve actuellement l’A320. Ce dernier sera déplacé dans quelques jours et prendra place aux côtés des ATR 42 et 72. L’exemplaire exposé au musée Aeroscopia sera le Beluga ST numéro 4. Il a effectué son premier vol le 9 juin 1998 et s’est posé pour la dernière fois à Toulouse le 17 septembre 2025. Après vingt-sept ans de bons et loyaux services, une page se tourne.
Le Beluga ST, l’A300-600 ST de son vrai nom, a été un maillon discret mais essentiel de la chaîne industrielle d’Airbus pendant plus de trois décennies. Utilisé depuis 1995 par Airbus Transport International (ATI), l’appareil a servi au transport de pièces d’avion entre ses différents sites industriels mais aussi d’hélicoptères et de satellites. L’avionneur européen en avait construit cinq exemplaires au total.

Grâce à son imposante soute de sept mètres de diamètre et de 39 m de long, le Beluga d’ancienne génération pouvait transporter jusqu’à 40 tonnes de charge utile sur une distance de 1 600 kilomètres. Le volume de sa soute était d’ailleurs l’un des plus grands du marché, loin devant le Boeing Dreamlifter, le Lockheed C-5 Galaxy et même l’Antonov An-124. Mais l’arrivée du Beluga XL, plus moderne et plus grand, l’a poussé vers la sortie.
Plusieurs mois de chantier avant de monter à bord
Dans un premier temps, les visiteurs du musée n’auront pas accès à l’intérieur du Beluga. Des travaux doivent en effet être entrepris avant… L’accès à l’appareil s’effectue en effet aujourd’hui par une trappe étroite située sous le fuselage. Selon nos informations, une partie du fuselage à l’arrière va donc être découpée et une rampe installée pour faciliter l’entrée du public.

Dans la soute, un parcours va aussi être créé autour de l’histoire de cet avion hors norme et de son successeur, le Beluga XL. Enfin, la large porte cargo située au-dessus du cockpit, qui se soulève pour charger et décharger le fret, restera finalement fermée pour des questions de prise au vent. Initialement, elle devait être démontée et une verrière installée pour que le public ait une vue d’ensemble de la soute, mais ce ne sera finalement pas le cas. Pour l’heure, aucune date officielle concernant le lancement des visites à l’intérieur du Beluga, cockpit compris, n’a été annoncée. Il se pourrait néanmoins que cela n’arrive pas avant l’été 2028.

Quid des autres Beluga ?
Sur les cinq Beluga ST construits, le numéro 4 s’apprête donc à rejoindre le musée Aeroscopia. Mais quel sort réserve Airbus aux quatre autres ? Le Beluga ST n°5 a rejoint le 29 janvier dernier le site d’Airbus de Broughton (Pays de Galles), où il sera prochainement converti en centre spécialisé dans les sciences et les métiers de l’aéronautique. Deux autres, les Beluga n°2 et n°3, sont, eux, toujours opérés par Airbus Transport International (ATI) en complément des six Beluga XL. Ils doivent prendre leur retraite l’an prochain, mais on ignore ce qu’ils deviendront. Quant au dernier, le premier exemplaire fabriqué, il est immobilisé sur l’aéroport de Bordeaux-Mérignac et sert à alimenter en pièces de rechange les deux appareils encore en service.










