Mieux connaître les milieux naturels et leurs interactions afin de prendre les bonnes décisions de politique publique avant de construire une route ou un nouveau quartier. La région Occitanie et le groupe CLS, basé à Toulouse (Haute-Garonne), lancent un programme inédit de cartographie de l’ensemble des milieux naturels du territoire.
Cette cartographie est réalisée grâce au spatial, aux relevés de terrains menés par plus de 30 experts botanistes et naturalistes et aux modèles d’intelligence artificielle de CLS qui analysent ces millions d’informations pour distinguer et classer les différents milieux naturels.
Un outil qui donnera une vision précise des milieux naturels aux acteurs publics pour prendre les bonnes décisions dans les projets d’urbanisme, de protection de la biodiversité et de l’environnement.
Habitats mis à mal par le réchauffement climatique
« Il n’y avait jamais eu de projet d’une telle ampleur par rapport à la surface de la région, l’un des plus grandes de France avec une richesse des milieux naturels. L’intérêt est de conjuguer une approche du spatial avec une vision macro et de descendre avec une expertise de terrain des naturalistes pour avoir une vision micro », souligne Karim Mehad, directeur du pôle services et delivery chez CLS.
« Les images de nos satellites Sentinel ont identifié les zones naturelles puis les experts au sol se sont assurés que ces milieux étaient bien présents, avec près de 8 000 prélèvements. Cette cartographie évolutive peut être une aide pour l’urbanisme, l’aménagement du territoire ou la protection de l’environnement pour les décisions politiques ».
Forêts de chênes, prairies d’altitude, garrigues, zones humides, haies agricoles, lagunes littorales et espaces verts urbains sont ainsi observés depuis l’espace et analysés grâce à l’intelligence artificielle afin de savoir précisément où se situent les milieux sensibles et comment ils évoluent. Les données relevées par les experts (géologie, sol, altitude, données climatiques…) ont été analysées pour classer plusieurs centaines de types de milieux naturels.
« Nous visons plus de 800 habitats à collecter dont une centaine sont mis à mal par le changement climatique, notamment en montagne et zones côtières, détaille Karim Mehad. L’idée c’est d’avoir un impact concret sur le territoire et un nouvel apport dans la politique territoriale pour décider où végétaliser les îlots de chaleur, savoir où doit se construire une zone d’activité sans abîmer l’environnement ». Cette cartographie contribuera à l’élaboration des documents de planification tels que les SCOTs (Schéma de cohérence territoriale), les PLUI, au développement de pratiques agricoles et forestières durables et à une intégration pertinente de la nature dans les villes.












