Il y a encore quelques jours, son avenir semblait plus qu’incertain. Faute de médecins et confrontée à de graves difficultés d’organisation, la Clinique du Quercy, à Cahors, envisageait une fermeture partielle avec des conséquences redoutées pour les patients et les salariés. Finalement, un accord d’urgence vient d’être trouvé pour éviter le pire cet été.
Le désert médical ne concerne plus seulement les cabinets de ville. Dans le Lot, il menace désormais des établissements entiers. La Clinique du Quercy, confrontée à une pénurie de médecins, a bien failli fermer une partie de ses activités. Le 10 juin, le maire de Cahors et président du Grand Cahors, Vivien Coste, a finalement annoncé une éclaircie.
À l’issue d’une réunion réunissant l’Agence régionale de santé (ARS), la mutuelle Mutami, qui exploite l’établissement, et le centre hospitalier de Cahors, une solution d’urgence a été trouvée pour assurer la continuité des soins et éviter une fermeture cet été.
Une pénurie de médecins devenue critique
Le coup de tonnerre avait éclaté début juin. La SAS Clinique du Quercy, qui gère les services de soins médicaux et de réadaptation (SMR) Bellevue à Cahors et Beauséjour à Mercuès, avait annoncé la fermeture prochaine du site de Mercuès. En cause : une pénurie de médecins devenue insoutenable.
« Nous n’avons plus qu’un seul médecin titulaire, les autres sont temporaires. À compter de fin juin, il n’y aura plus qu’un seul médecin sur les deux établissements », expliquait alors Patrick Julou, président de la Clinique du Quercy, dans des propos relayés par Actu.fr. Face à cette situation, la direction avait décidé de fermer Beauséjour afin de « garantir la sécurité des patients ». Cette annonce avait immédiatement suscité l’inquiétude dans le département.
Un établissement important pour le territoire
Car la Clinique du Quercy joue un rôle essentiel dans le système de santé lotois. Ses services accueillent notamment des patients nécessitant des soins médicaux et de réadaptation après une hospitalisation, des interventions chirurgicales ou des pathologies lourdes.
Elle constitue aussi un relais important pour le centre hospitalier de Cahors, notamment pour la prise en charge des personnes âgées. Sa fermeture partielle aurait donc eu des répercussions bien au-delà des murs de l’établissement. Patients, familles, salariés mais aussi élus locaux redoutaient une dégradation supplémentaire de l’offre de soins dans un territoire déjà confronté aux difficultés de recrutement médical.
Une mobilisation rapide des élus
Dès l’annonce de la fermeture du site de Mercuès, les élus se sont mobilisés. Le maire de Cahors, Vivien Coste, s’est entretenu avec l’ARS et les responsables de Mutami, avant de se rendre sur place avec plusieurs élus et parlementaires. Le 5 juin, il rencontrait notamment les salariés des deux établissements. « Des salariés inquiets mais incroyablement engagés et attachés à ces deux établissements », écrivait-il alors.
L’élu reconnaissait aussi l’ampleur des difficultés. « Clairement, la situation est difficile, tant du point de vue financier, du pilotage de la structure et de l’encadrement, médical et administratif », expliquait-il. Selon lui, il fallait agir sur deux fronts : l’urgence pour préserver la continuité des soins et les emplois, puis le moyen terme pour trouver un modèle économique et médical viable.
Un accord trouvé avec l’hôpital de Cahors
Après plusieurs jours d’échanges, une solution transitoire a finalement été trouvée. Une convention a été signée entre la Clinique du Quercy et le centre hospitalier de Cahors. « Cette solution est le résultat d’une mobilisation collective des acteurs de santé. Elle s’est nouée dans le dialogue et l’intérêt mutuel », assure Vivien Coste.
L’accord repose en partie sur un projet de coopération qui avait déjà été étudié par le passé entre les deux établissements. Dans l’immédiat, il doit permettre de maintenir l’activité et d’assurer la prise en charge des patients pendant l’été. Le maire se dit « satisfait et heureux » de cette avancée, tout en rappelant qu’il ne s’agit que d’« une première étape ».
Un avenir encore à construire
Car si le risque d’une fermeture immédiate semble écarté, les difficultés de fond demeurent. La question du recrutement médical reste entière. Le devenir du site de Beauséjour à Mercuès n’est pas encore arrêté.
Et le modèle économique de la clinique devra être repensé pour garantir sa pérennité. « Quant à la suite, je poursuis le travail, qu’il s’agisse de la solution définitive pour la clinique et de la question du site de Beauséjour à Mercuès », assure Vivien Coste. Une rencontre avec le directeur régional de l’ARS doit avoir lieu dans les prochains jours.
Un symbole des difficultés de l’accès aux soins
L’histoire récente de la Clinique du Quercy dépasse d’ailleurs le seul cadre du Lot. Partout en France, de nombreux établissements, publics comme privés, peinent à recruter des médecins et à maintenir certaines activités. Les territoires ruraux sont particulièrement exposés à cette pénurie.
L’accord trouvé à Cahors offre donc un répit aux patients et aux salariés. Mais il rappelle aussi à quel point l’accès aux soins est devenu un enjeu majeur, y compris dans des établissements historiques dont l’avenir semblait, il y a encore quelques années, aller de soi.









