Six mois après l’incendie criminel qui a ravagé trente-six voitures sur le parking de Meca Auto Passion, le 6 août 2025 à Bérat, son responsable David Lesaffre n’a pas fermé sa concession. Il a pu continuer en payant le prix fort : au lieu de 14 000 euros par an pour assurer ses véhicules, il doit désormais débourser 55 000 euros. Presque un an plus tard, il assure n’avoir « aucune information » sur les suites de l’enquête de son sinistre.
C’est la cruelle loi des séries pour David Lesaffre, concessionnaire au sud-ouest de Toulouse, à Bérat, Meca Auto Passion, victime, le 6 août 2025, d’un incendie criminel occasionnant d’importants dégâts et détruisant ses trente-six véhicules. Comme preuve, ce responsable de onze employés dispose d’une vidéo de douze minutes où l’on observe un homme vêtu de blanc de la tête aux pieds, qui avance calmement, presque méthodiquement, avant de déverser de l’essence sur plusieurs véhicules. En quelques instants, le parking de la concession automobile se transforme en brasier.
« J’ai onze salariés dans mon entreprise »

Il y a six mois, David Lesaffre racontait à quel point cet incendie avait changé son quotidien. « Mon assurance va me foutre dehors. Au 31 janvier, je ne suis plus assuré. Je n’arrive pas à en trouver une autre. Moi, j’ai onze salariés. Si je ne trouve pas de contrat, je devrai peut-être mettre l’activité en suspens. » Par chance, il n’a pas mis la clé sous la porte, mais au prix fort de son nouvel assureur Abeille Assurances. Avant l’incendie, sa prime mensuelle s’élevait à 1 400 euros.
« Avec 55 000 euros par an, en deux ans je m’achète un appart… »
Lâché par son ancien assureur, le professionnel a dû saisir le Bureau central de tarification (BCT), une autorité administrative en charge de garantir l’obligation d’assurance. « En cas de refus d’assurance dans des régimes expressément prévus par le code des assurances, le BCT dispose du pouvoir d’imposer à l’entreprise d’assurance du choix de l’assujetti la souscription du risque », indique le bureau.
L’enquête, « le statu quo »
Reste que la facture n’est plus la même. « J’ai été radié de la MMA, explique David Lesaffre, on m’a imposé de prendre un nouvel assureur. Dernièrement, je payais 17 000 euros par an en multirisque et je vais passer à 55 000 euros sans protection juridique. Si mes voitures prennent la grêle, je ne suis pas remboursé. Mon assureur n’a pas le choix, il applique les règles du BCT. Avec 55 000 euros par an, dans deux ans je m’achète un appart, c’est l’enfer. »
En plus de ces ennuis financiers, le concessionnaire bératais assure n’avoir « aucune information », « c’est le statu quo » du côté de l’enquête pour incendie criminel. « On a des témoignages, mais rien ne bouge, on laisse courir l’auteur et on ne s’inquiète de rien… », se désole David Lesaffre.














