À l’occasion de sa campagne « Bac validé, Parcoursup terminé, mais la préfecture bloque nos vies ! », menée du 15 au 20 juin, le Réseau éducation sans frontières 31 plaide la cause des étudiantes et étudiants toulousains, confrontés à des refus de titre de séjour et visés par des obligations de quitter le territoire. Certains témoignent de l’impact de ces décisions sur leurs études et leur quotidien.
Liana, 20 ans, arrivée d’Arménie en 2021, étudiante en droit, voit aujourd’hui son avenir menacé par une situation administrative qui freine ses projets. Sur son bureau s’accumulent les fiches de révision et les notes de cours. Pourtant, derrière le quotidien d’une étudiante comme les autres, une inquiétude demeure : malgré trois années passées sur le territoire, son avenir reste suspendu à une décision administrative. Sa famille a quitté son pays natal en raison de la guerre alors qu’elle avait seulement 16 ans. Elle a dû s’adapter à une nouvelle vie, une nouvelle langue et un nouveau système scolaire.
Inscrite au lycée Joseph-Gallieni, elle apprend le français, se fait des amis et s’investit dans sa scolarité. C’est ici qu’elle découvre le droit, une discipline qui la passionne. Encouragée par l’un de ses professeurs, elle poursuit ses études à l’université. Malgré les difficultés liées à son parcours migratoire, elle valide sa première année de licence et se projette dans une carrière dans le notariat. Mais aujourd’hui, son statut administratif complique son parcours. Dans le cadre de sa formation, Liana doit réaliser un stage dans le domaine notarial. Plusieurs cabinets se montrent intéressés par sa candidature. Pourtant, l’absence de régularisation bloque certaines démarches. Sans convention de stage, des opportunités lui échappent.
Une vingtaine de familles accompagnées
Pour le Réseau Éducation sans frontières (RESF) 31, son cas est loin d’être isolé. « Nous accompagnons une vingtaine d’étudiants et une cinquantaine de familles en difficulté », explique Jean-François Mignard, membre de RESF 31 et de la Ligue des droits de l’Homme. L’association dénonce des situations qui empêchent certains jeunes de poursuivre leurs études. « Il faut arrêter de maltraiter ces jeunes qui ont tous leur place en France », insiste-t-il.
Parmi eux figure Imed, arrivé d’Algérie à l’âge de 14 ans. Scolarisé à Toulouse depuis 2018, il a reçu une obligation de quitter le territoire en 2023. « J’ai grandi ici. Je ne parle presque plus ma langue maternelle et je n’ai plus vraiment de liens avec mon pays d’origine », confie-t-il. Comme Liana, il voit aujourd’hui son avenir suspendu à une décision administrative. Élèves, étudiants, futurs professionnels, ils ont construit leurs projets en France et souhaitent simplement pouvoir les poursuivre.














