Le tribunal de commerce de Toulouse a reporté au 6 juillet sa décision sur l’avenir de Fibre Excellence, en redressement judiciaire. L’arrivée d’un investisseur français relance les discussions autour des sites de Saint-Gaudens et Tarascon, et de leurs centaines d’emplois menacés.
Les salariés de Fibre Excellence vont devoir attendre encore quelques semaines avant de connaître l’issue de la procédure engagée contre leur entreprise. Alors qu’une décision du tribunal de commerce de Toulouse était attendue ce mercredi 17 juin, elle est finalement reportée au 6 juillet.
À l’origine de ce rebondissement : l’arrivée d’un nouvel investisseur candidat à la reprise du groupe. Selon les informations communiquées ce mercredi par la direction de Fibre Excellence et les syndicats, une lettre d’intention a été déposée auprès du tribunal par un investisseur français, ouvrant ainsi une nouvelle perspective pour les deux sites industriels du groupe.
Plus de 300 emplois concernés à Saint-Gaudens
Dans le Comminges, cette décision est perçue comme un sursis. À Saint-Gaudens, l’usine de Fibre Excellence représente près de 270 emplois directs. À ces effectifs s’ajoutent ceux de la Société d’exploitation des bois du Sud-Ouest (SEBSO), qui assure l’approvisionnement du site en matière première.
Depuis le placement de l’entreprise en redressement judiciaire, fin avril, les salariés vivent au rythme des audiences et des annonces concernant une éventuelle reprise. L’avenir de l’un des principaux employeurs industriels du territoire est en jeu, tout comme celui de nombreuses entreprises gravitant autour de la filière bois.
En réaction, après la décision du tribunal, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a estimé que ce report constituait « un délai indispensable et crucial pour l’avenir de Fibre Excellence ». Elle a également souligné que la mobilisation engagée ces dernières semaines par les salariés, les organisations syndicales et les collectivités avait contribué à faire émerger de nouvelles perspectives pour l’entreprise.
Une filière stratégique pour l’industrie française
L’enjeu dépasse toutefois le seul bassin d’emploi de Saint-Gaudens. Avec l’usine de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, Fibre Excellence exploite les deux dernières unités françaises de production de pâte à papier. Ces sites fournissent une large part de la matière première utilisée dans la fabrication d’emballages, de produits d’hygiène ou encore de fournitures scolaires.
À l’arrêt depuis plusieurs semaines, les deux usines demeurent au cœur d’un dossier suivi de près par les pouvoirs publics. Carole Delga a notamment indiqué que l’intérêt manifesté par un investisseur « de tout premier plan » constituait « un signal important et encourageant », tout en appelant à mettre à profit les trois semaines à venir pour bâtir un projet de reprise solide.
D’ici au 6 juillet, les différents acteurs du dossier vont poursuivre leurs échanges afin d’évaluer les offres en présence et les garanties apportées. Pour les salariés comme pour les territoires concernés, l’attente se poursuit, avec l’espoir qu’une solution durable puisse être trouvée pour assurer la continuité de l’activité.















