Ce dimanche, les opposants au projet de contournement de Saint-Simon se mobilisent au rond-point du chemin de Guilhermy. Ils réclament l’abandon pur et simple de ce boulevard urbain, serpentant le long du canal de Saint-Martory. Jugé « d’un autre temps » par les collectifs citoyens, ce tracé routier vieux de 50 ans revient sur le devant de la scène avec l’aménagement du site industriel de Francazal.
Douze collectifs citoyens unissent leurs forces ce week-end pour dénoncer l’ouverture à la circulation automobile de la voie du canal de Saint-Martory, un axe actuellement sanctuarisé pour les bus et les vélos. Porté par Toulouse Métropole, le projet prévoit également de connecter le sud de Cugnaux à l’autoroute A64 via un nouvel échangeur. L’objectif officiel : mieux desservir les communes de l’ouest toulousain et anticiper l’arrivée de la future usine géante d’Aura Aero à Francazal d’ici 2030.
Corridor naturel
Pour les riverains, l’argument économique ne passe pas. Les opposants pointent notament la précence d’un corridor naturel où se nichent de nombreuses espèces de faune et de flore. Tandis que d’autres exigent un virage à 180 degrés, axé sur les transports en commun.
Le casse-tête des élus
L’inquiétude des opposants a été ravivée par l’intégration du projet au Plan d’Infrastructures de Mobilités et l’élection d’un nouveau maire à Cugnaux, Aurélien Andreu-Seigné, favorable à cette route. Pour l’édile, le réalisme économique prime face à la saturation quotidienne du réseau, où les usagers subissent entre 15 et 30 minutes de bouchons chaque matin. « Francazal va être un site industriel, et on le sait, tout ne va pas pouvoir être couvert par l’unique transport décarboné », défend-il.
Une vision que ne partage pas Frédéric Parre, le maire de Tournefeuille. Pour lui, la solution exige un changement profond de logiciel politique. « Le débat, c’est celui du territoire que nous voulons construire pour les 20 ou 30 prochaines années, et non pas seulement la question d’une route pour contourner tel ou tel quartier », tranche l’élu. Entre urgence écologique et pragmatisme économique, le sort de l’ouest toulousain reste suspendu aux arbitrages de la métropole.














