Ils sont très peu nombreux, les joueurs français du Stade Toulousain qui ne sont pas originaires de la région. Thibaud Flament et Ange Capuozzo font partie de ce petit contingent et ils ont accepté de se confier sur le sentiment d’appartenance qu’ils ont développé (ou pas) avec la Ville rose et son territoire.
Ce n’est pas vraiment un secret. À part peut-être dans le sud du Tarn, le Stade Toulousain est le club supporté par tout un territoire. De Samatan à Bélesta, de Souillac à Arreau en passant par Samouillan et Moissac, toute l’ancienne région Midi-Pyrénées s’identifie au club rouge et noir. D’abord parce que le Stade rend fier de par ses résultats sportifs (24 Brennus, 6 Coupes d’Europe). Mais aussi parce que ce club a la spécificité de recruter ses futures pépites dans un rayon géographique restreint qui se cantonne à l’ex-région et aux départements limitrophes.
Aussi, si l’on excepte les joueurs étrangers (ainsi que les Français nés dans de lointaines contrées : Mauvaka, Neti…), l’immense majorité des Stadistes sont issus du coin. La preuve, dans l’effectif de cette saison, seulement quatre joueurs ne viennent pas du Sud-Ouest : George-Henri Colombe, Paul Mallez, Thibaud Flament et Ange Capuozzo.
Les deux derniers nommés ont toutefois rejoint Toulouse depuis plusieurs années (2020 pour Flament, 2022 pour Capuozzo). Aussi, au détour d’une interview en cours de saison, nous en avons profité pour leur demander s’ils se sentaient toulousains. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, leur première réponse a été la même : « C’est une bonne question ! »
Oui et non !
Mais tous deux ont eu une réponse différente et argumentée à ce sujet. Né à Paris, Thibaud Flament répond par la négative. Il ne se sent pas toulousain en tant que tel, mettant en avant son parcours de vie. « J’ai grandi en Belgique, après je suis parti en Angleterre, après je suis parti en Argentine, je suis revenu en Angleterre et après je suis arrivé à Toulouse, détaille le deuxième ligne de 29 ans. Donc certes, ça fait cinq ans que je suis là, mais en fait, je n’ai pas le sentiment d’être attaché à un endroit en particulier, que ce soit la Belgique, l’Angleterre ou autre, parce que j’ai beaucoup bougé. »
De son côté, Ange Capuozzo a grandi dans les Alpes, et lui, en revanche, dit se sentir pleinement toulousain. Il faut dire qu’il est arrivé dans la Ville rose plus jeune (à 23 ans). « Ma compagne et moi, on est de deux villes différentes en plus. Elle est du sud-est de la France. Moi, je suis de Grenoble. Et c’est vrai que quand on est arrivé ici, on ne connaissait personne et il faut recommencer une vie, et non, aujourd’hui, je pense qu’on a vraiment construit aussi notre vie d’adulte ici », explique l’ailier.
Pas prévu de partir
Mais les deux Stadistes se rejoignent sur le fait qu’ils se sentent très bien à Toulouse. À commencer par Flament, qui s’est récemment marié à Gaillac (81) avec sa compagne Ethel. « On se sent très bien ici, on est très heureux ici et je pense qu’on va rester vivre ici après le rugby », sourit l’international français, qui concède avoir ce côté un peu détaché au sujet du sentiment d’appartenance à un territoire. Il reprend : « Peut-être que dans cinq ans, ça sera différent parce que ça fera dix ans et, du coup, mon regard sera différent. En tout cas, on s’y sent très bien avec ma femme. »
Et l’international italien de 27 ans d’aller dans le même sens que son aîné : « On a eu notre premier enfant ici, nos premiers foyers, nos souvenirs en commun avec ma compagne Emma se sont faits ici. Donc voilà, quand on met tout ça bout à bout, plus forcément l’accueil des Toulousains qui est, à la fois au club et, de manière générale, dans la ville, incroyable, apprécie Capuozzo. On se sent très vite acceptés. Aujourd’hui, franchement, on adore notre vie ici. Et oui, on se considère comme toulousains, évidemment. »
Et tous deux n’ont qu’une chose en tête : retourner le plus tôt possible sur le balcon du bâtiment emblématique de la Ville rose pour offrir aux supporters un nouveau Bouclier de Brennus.













