Deux heures et treize minutes. C’est exactement ce qu’aura duré la coupure – non pas d’électricité mais du jeu – entre la mi-temps sifflée par M. Fischer à 23h48, lundi 22 juin au soir, et la reprise des hostilités suite aux orages à 2h01, mardi aux aurores. Ce qui n’a pas empêché l’équipe de France de signer son deuxième succès en autant de rencontres. Elle rejoint Mexique, États-Unis, Allemagne et Argentine dans la phase à élimination directe.
La troisième journée, vendredi prochain 26 juin (Boston, 21h), devant la Norvège d’Erling Haaland, comptera bien pour du beurre. Ou presque. En dominant assez facilement les Irakiens (3-0) après avoir gagné les Sénégalais pour leur entrée en lice (2-1), les Tricolores sont d’ores et déjà en 16es. Analyse thématique d’une partie au long cours.
Mbappé, l’extraterrestre
Lionel Messi lui avait sûrement ouvert l’appétit, quelques heures plus tôt, dans l’après-midi, face à des Autrichiens vite réduits à des piquets dans un slalom de ski (2-0) ! Avec un doublé portant le total de la Pulga à 18 buts en phases finales de Coupe du monde…
Dès la première journée, face à l’Algérie (3-0), le roi Léo avait rejoint là-haut, tout là-haut, le canonnier allemand Miroslav Klose (16B) ; ce lundi, il l’a dépassé. Pas une, mais deux fois. Et notre « Kyky » national ? Il n’a pas à rougir : 15 et 16e réalisation en 16 apparitions CdM, 11 et 12e but sur ses 12 dernières sorties en EdF. Autrement chiffré, encore : 100 sélections, 60 buts. On va s’arrêter ici ; lui, certainement pas. Sur la pelouse du Lincoln Financial Field, tandis qu’il avait signé son premier doublé contre le Sénégal mardi passé du droit, Kylian Mbappé a changé. Il a d’abord marqué du gauche ; un tir soupirail opposé sur un service de… Michael Olise, naturellement (1-0, 14e). Avant de revenir à ses premières amours en doublant la mise en début de seconde période de nouveau du droit (2-0, 54e).
Deschamps OK, Arnold K.-O.
Sinon, l’ouverture du score récompensait une entame française appliquée à défaut de soulever les foules. Dans cet acte initial, Mbappé tentera encore un lob des 40m (39) et sera repris in extremis au point de penalty par Hashem (43).
Entretemps, la pluie s’étant invitée à une partie dont les compositions : côté tricolore, ne révélaient aucune surprise ; en ce qui concerne les Irakiens, si. Puisque le sélectionneur néerlandais des Lions de la Mésopotamie avait décidé de troquer son 4-4-2 en un 4-1-4-1. Deschamps était rapidement conforté dans ses choix : dès la première minute, deux de ses trois changements se mettaient en évidence car Digne débordait puis centrait et Koné se fendait d’une demi-volée (1). Graham Arnold de son côté déchantait : blessé aux adducteurs, son capitaine-buteur-meilleur joueur Aymen Hussein était obligé de jeter l’éponge à la demi-heure (26e).
Coup de foudre à Philadelphie
C’était dans l’air du temps – sans jeu de mots : hélas, le ciel est tombé sur la tête de Philadelphie, Pennsylvanie, et par-là même des deux équipes française et irakienne avec un coup d’envoi donné à 23h, heure de Paris. Cependant que les Bleus menaient donc à la pause 1-0, les intempéries qui avaient fait leur apparition à la mi-temps de cette première période se sont intensifiées.
Et, surtout, une alerte tonnerre a été identifiée et le protocole américain veut qu’on stoppe la rencontre l’espace d’une demi-heure si des éclairs se sont produits dans un rayon de 13 kilomètres. D’abord prévu pour reprendre à 1 heure du matin, le match a été de nouveau retardé de 30min suite à une seconde alerte ; le coup d’envoi de la deuxième mi-temps a ainsi eu lieu – échauffement compris – à 2h01 pile. Enfin.
Festival à la reprise puis turn-over
Après plus de deux heures d’interruption, les Français reprirent plutôt bien. Et Mbappé de montrer de suite l’exemple au prix d’un joli repli défensif (47) et, on l’a dit, d’une nouvelle réalisation suite à une mésentente entre le central Tahseen et son gardien Basil et sur une offrande d’Ousmane Dembélé (54e).
Un Parisien pas en reste : 10min plus tard, c’est lui qui va scorer, mis sur orbite par Michael Olise (3-0, 66e). Au passage, mine de rien, cela fait déjà 3 passes « dé » pour le gaucher bavarois… Les carottes étaient dès lors cuites, selon l’expression consacrée. Et le sélectionneur eut loisir de faire tourner : Cherki pour Olise, Doué pour Dembélé ; Gusto, Akliouche et Thuram à la place de Koundé, Barcola et Mbappé. Il est 2h48, fin de partie ; que demande le peuple ?













