Murs gorgés d’eau, moisissures et canalisations qui fuient : depuis deux ans, le logement de Jérémie Silva à Beauzelle, en Haute-Garonne, se dégrade. Après de longs mois de procédures engagées auprès du syndic des copropriétaires Foncia, le père de famille reste dans l’attente des réparations. Il a dû bâcher son salon pour se mettre à l’abri avec sa famille. Le syndic assure suivre son dossier de près. Récit.
« Le mur, la plinthe, tout ça c’est mort. À chaque fois qu’ils tirent la chasse en haut, ça tombe chez moi… » Dans son appartement du rez-de-chaussée de ce quartier résidentiel à Beauzelle, au nord-ouest de Toulouse, Jérémie Silva ne sait plus quoi faire. Propriétaire depuis trois ans, ce père de famille vit un véritable enfer depuis deux ans en raison d’infiltrations d’eau dévastatrices.
Murs gorgés d’eau, plâtre qui s’effrite, trous et moisissures… L’humidité est telle qu’elle attire régulièrement des insectes. Pour protéger sa famille, Jérémie a dû prendre une mesure radicale : bâcher son salon. « C’est là où je vis avec mon bébé et ma femme. J’ai mis cette bâche pour les contenir dans la chambre ou la cuisine. Ça fait un an et demi qu’elle est là. » En été, dans cette pièce surchauffée sous le plastique, l’atmosphère est suffocante. Réduit à dormir sur son canapé-lit, il désespère : « Le mur peut tomber. Je deviens fou. »

« Ils n’en ont rien à faire »
Pourtant, Jérémie ne peut pas réparer lui-même : les fuites et infiltrations proviennent de la façade et des canalisations extérieures à son appartement. L’origine des dégâts relève de la gestion du syndic, Foncia. Mais le jeune homme dénonce un mur d’indifférence : « J’ai un dossier épais comme le bras. Au téléphone, on me dit que c’est inadmissible, puis plus rien. Pour eux, la situation est réglée. Ils doivent confondre mon dossier avec un autre étage ! Ils sont juste là pour renvoyer la balle, ils n’en ont rien à faire. »

Bloqué, l’habitant a déjà dépensé des centaines d’euros de sa poche pour faire venir ses propres experts via son assurance et tenter de colmater ce qu’il pouvait. Impossible pour lui de vendre son bien, en l’état. « J’ai acheté pour être tranquille, et finalement je suis coincé. J’aurais été locataire, je serais parti depuis longtemps », peste-t-il.
Le syndic répond
Face à ces accusations, le syndic Foncia affirme au contraire être « mobilisé sur ce dossier complexe afin de parvenir à une remise en état le plus rapidement possible », depuis les premiers signalements en août 2024, qui ont donné lieu à une première expertise en janvier 2025.

L’entreprise met en avant plusieurs interventions : des travaux de bardage à l’été 2025, en réalité insuffisants, puis des recherches de fuite ayant successivement impliqué des infiltrations depuis le trottoir, dont Toulouse Métropole a la charge, puis des problèmes de canalisations à l’étage du dessus.
« En août 2026, Foncia a pris contact avec l’assureur de l’immeuble afin d’obtenir des éclaircissements sur l’état d’avancement du dossier, argue le syndicat. Il ressort des éléments communiqués qu’une expertise aurait été réalisée en juillet 2026, sans que Foncia y ait été conviée par le cabinet d’expertise. » Foncia assure qu’une entreprise a été mandatée pour intervenir.
En attendant, Jérémie Silva regarde l’eau tomber depuis deux ans, désemparé.















