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Ils défilent, croix en bois à la main. Les enceintes diffusent des classiques de la chanson française. Edith Piaf, Joe Dassin… De quoi donner un peu de gaiteté à cette marche qui se veut pourtant funèbre. Environ 130 agriculteurs étaient réunis devant le Palais de justice de Toulouse ce samedi 3 janvier 2026, peu après 10h.
Les quatre syndicats du monde agricole (FDSEA, Jeunes agriculteurs, Coordination rurale et Confédération paysanne) avaient appelé à un nouveau rassemblement, tandis que sur les autoroutes autour de la Ville rose, les blocages se maintiennent : à Carbonne sur l’A64, mais aussi sur la route de l’Andorre.
Des croix en hommage aux 106 animaux abattus
Des croix pour représenter les 106 animaux abattus en Haute-Garonne après la détection de deux foyers de dermatose nodulaire (DNC) – cette maladie qui touche les bovins – dans le département. A Touilles puis à Juzet-d’Izaut.
Au départ du Palais de justice, le cortège s’est dirigé vers la place du Capitole avant de finir son parcours devant la préfecture. Le tout, sans tracteur… ou presque. Seul un petit véhicule agricole était présent pour ouvrir la marche. A pied, les agriculteurs entendaient aller à la rencontre des Toulousains.

Arrivés dans la rue d’Alsace-Lorraine, ceux qui profitaient de leur matinée pour faire quelques emplettes d’après fêtes ont été surpris. Certains ont applaudi le mouvement, tandis que d’autres se sont arrêtés pour filmer et observer.
« Un gros ras-le-bol »
Parmi les « porteurs de croix », on ne trouvait pas que des agriculteurs. Valérie, Toulousaine, attend patiemment la retraite, mais n’est pas dans les métiers de la terre. « Je ne pouvais pas rester chez moi. Et j’aimerais que les gens se mobilisent plus », explique-t-elle.

Audrey, qui habite aussi dans la Ville rose, est une mère de famille sans emploi. Elle tient un panneau aux couleurs du drapeau français « France, terre nourricière », peut-on lire devant. « Macron démission », s’affiche à l’arrière.
A ses côtés, ses trois enfants. « Je me demande comment je vais les nourrir demain. Si on cherche à acheter français ou bio, on n’a plus assez d’argent. Plus rien ne fonctionne dans notre pays, et pas que dans l’alimentation. C’est un gros ras-le-bol », clame-t-elle.

Un échange avec la ministre ce lundi
Ce lundi 5 janvier, une nouvelle rencontre est prévue entre les agriculteurs et la ministre Annie Genevard à Paris. De cet échange, Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA 31, n’en attend rien. « On n’a aucun espoir », souligne-t-il.
« On nous a dit qu’un comité scientifique avait été mandaté pour travailler sur l’allégement du protocole sanitaire. Plus on va mettre la pression, et plus on espère que le travail des scientifiques va s’accélérer », explique Jonathan Kirchner, secrétaire général à la Confédération Paysanne 31 (CR31).

Mercosur, gestion de l’eau…
Les revendications portées vont aujourd’hui au-delà de la gestion de la maladie. Les agriculteurs s’opposent à l’accord avec le Mercosur dont la signature a été reportée à la mi-janvier par l’Union européenne.
Les inquiétudes portent aussi sur « les questions de l’eau » ainsi que « la révision des zones vulnérables aux nitrates », ajoute Jonathan Kirchner. Ce sont toutes les zones qui alimentent des eaux atteintes par la pollution par les nitrates d’origine agricole et celles qui sont susceptibles de l’être.
Le mouvement va se durcir la semaine prochaine
Considérant que depuis trois semaines, ils ne sont pas entendus par le gouvernement, l’intersyndicale annonce un nouveau mouvement d’ampleur dès la semaine prochaine. La colère est agricole est loin de retomber en Occitanie.
Notre reportage en vidéo :
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