Hasard du calendrier, en pleine mobilisation lycéenne, la ville de Toulouse dévoile sa campagne d’affichage de promotion de sa police municipale. « Rappel de la protection » pour certains, affiches « scandaleuses » pour d’autres, de jeunes Toulousains se sont confiés au micro d’ICI Occitanie.
Elles sont un peu partout sur les arrêts de bus et les panneaux au bord des routes. Des affiches ont été mises en place par la ville de Toulouse pour mettre en avant la police municipale. Elles sont là depuis le 30 septembre dernier, il y en a 545 réparties dans toute la ville, sous trois visuels différents. On peut notamment y lire : « agir plus, protéger mieux ».
Le but de cette campagne d’affichage, c’est de valoriser le travail de la police municipale. « C’est une campagne qu’on a voulue dans un moment où, sur le plan national, on a un débat sur les prérogatives des polices municipales », explique Émilion Esnault, adjoint au maire en charge de la sécurité à Toulouse. « Les scènes qu’on a choisies sont des scènes qu’on a choisies autour des contrôles d’identité, des délits routiers, et des occupations de halls d’immeubles ».
Pas de prérogatives de maintien de l’ordre
La mairie a choisi trois infractions pour trois affiches différentes. Et pour lesquelles la police municipale manque de moyens, poursuit Émilion Esnault. « Ces scènes qui sont représentées sont des infractions sur lesquelles la police municipale peut agir, mais très difficilement aujourd’hui. C’était une manière aussi de rappeler notre engagement sur cette augmentation de prérogatives des policiers municipaux ». Contrairement à la police nationale, la police municipale n’a aucune prérogative de maintien de l’ordre, rappelle l’adjoint au maire. La campagne d’affichage n’a donc aucun rapport direct avec la mobilisation lycéenne.
Néanmoins, pour certains, le timing de cette campagne pose question. Alors que des lycées ont encore été bloqués ce mardi, qu’en pensent les jeunes Toulousains ? ICI Occitanie est allée leur poser la question. « Je trouve cela plutôt scandaleux de mettre des affiches telles quelles », estime Enzo. Ce que l’on voit actuellement de la police, c’est plus de la violence, donc ce n’est pas forcément agir mieux. » Pour Justine, « le timing n’est pas bon », mais elle confie ne pas avoir d’avis sur la question. « Les forces de l’ordre sont là pour nous protéger et non nous nuire », assure Armand. « Cela dépend de ce que l’on entend par protéger », déclare Abdoul. S’ils veulent protéger, ils n’ont qu’à rester loin et laisser les jeunes revendiquer ». « S’il y a des personnes sur qui on peut compter pour se protéger, c’est eux. Dès qu’on a un problème, on ne peut compter que sur eux, » estime de son côté Bastien.
390 policiers municipaux à Toulouse
Yannick Cheveau, le président du syndicat CFTC Occitanie pour la branche police municipale, salue cette campagne d’affichage. Mais il trouve qu’elle ne porte pas suffisamment leurs revendications. « Les policiers municipaux ne peuvent que se féliciter de cette promotion de la profession. En revanche, il y a quand même des choses à perfectionner dans le planning et les effectifs. Tout ça, c’est de l’opérationnel, ce sont des revendications que la CFTC porte au quotidien. Ce n’était pas le gros message que nous voulions afficher dans les rues toulousaines, mais il ne faudrait pas que l’arbre cache la forêt et que cette campagne fasse oublier tout le reste. »
La campagne d’affichage doit durer jusqu’au 21 octobre 2026. La ville de Toulouse compte 390 policiers municipaux (contre 165 en 2014). L’objectif est d’atteindre les 500 policiers municipaux « d’ici la fin du mandat« , déclare l’adjoint au maire de Toulouse.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555













