Avec 50 jaunes pile après 22 rencontres, les Violets sont les joueurs les plus avertis du Championnat de France de première division. Une conséquence directe du changement de réglementation, cet été, concernant la suspension automatique pour accumulation de cartons. Décryptage.
Constat
Les chiffres sont implacables, ils ne mentent jamais. Avec 57 avertissements à l’issue de 22 journées de Ligue 1 et 3 tours de Coupe de France, les Toulousains ont – déjà – récolté 39 % de cartons jaunes en plus par rapport au même temps de passage que l’année passée : 41 « biscottes » en 2024-2025.

Pis, allait-on dire, les Garonnais sont carrément leaders du nombre de jaunes reçus en L1 cette saison (50), devant Monaco (48) et surtout Nice (46) et Nantes (45) – deux équipes luttant pour le maintien.
Raison première
Une explication ? Le premier élément de réponse est à trouver dans le… règlement. Si elle n’avait pas fait beaucoup parler à l’époque, c’est-à-dire début juillet au moment de son officialisation par la LFP après avoir été adoptée en Conseil d’administration en date du 3 juin, la modification de la règle concernant la suspension automatique entrée en vigueur cette saison trouve tout son écho.
À preuve : jusqu’à maintenant, un joueur était sanctionné d’un match de suspension en cas de trois avertissements reçus en l’espace de dix matchs officiels (L1, Coupe de France, Trophée des champions, play-offs et barrages L2/L1). Désormais, il lui en « faut » cinq mais sans créneau temporel.
« Une simplification, écrivait encore le communiqué de la Ligue, en se référant aux pratiques des autres championnats » (notamment en Angleterre) et visant « l’amélioration du produit ».
En clair : si on lit entre les lignes, il s’agissait de protéger les effectifs des clubs en ne les privant pas d’éléments clés aux moments importants. Autrement formulé : favoriser intensité et engagement d’une partie comme en… Premier League, donc.
Résultats
Aux deux tiers de l’exercice, où en est-on ? On l’a surligné au-dessus : le Téfécé a été sanctionné administrativement comme on dit 16 fois plus que l’an dernier à même époque : 57 vs 41 (dont respectivement 7 et… 7 en Coupe). Pour, à l’arrivée, 5 matchs de suspension au total. Alors qu’en 2024-2025 il y en eut… 5 ! Décidément, que de coïncidences.
Normal, au passage, que le nombre de « punitions » automatiques ne soit pas plus élevé cette année puisque, même si les cartons sont en nette augmentation dans les rangs téfécistes, le joueur doit atteindre, c’est la nouveauté, d’avoir été cartonné à cinq reprises pour être épinglé par la patrouille.
Et au niveau des cartons rouges ? Ici, aucun impact : après 22 joutes la saison dernière le Tef avait déploré 2 exclusions (Magri, Schmidt en Coupe) ; un an plus tard, c’est le même tarif (Vossah, Emersonn).
Autre explication
Deuxième élément, footballistiquement parlant cette fois, à prendre en considération : le jeu produit par l’équipe. Plus une formation a le ballon, moins elle a d’efforts à fournir – et potentiellement de duels à jouer. D’où autant d’occasions de faire des fautes. Et, ici encore, le TFC n’est pas avantagé si on ose : les protégés de Carles Martinez Novell sont ceux qui affichent la possession la plus basse de L1 : 43 %. Tandis que le PSG est à 69. Un Paris qui, avec 22 avertissements, est le club à avoir été le moins cartonné. CQFD.
État des lieux, à l’aube de la 23e journée
Pour l’heure, ont déjà été suspendus [en dehors des cartons rouges ou d’une décision ultérieure de la Commission de discipline] : Dönnum (J12), Methalie (J17), Cresswell (8e de Coupe de France). Purgera ce week-end pour la réception du Paris FC (J23, samedi 21 à 19h) : McKenzie. Devra l’imiter la journée suivante à Rennes (J24, samedi 28 à 17h) : Casseres. Est sous la menace au prochain avertissement : Hidalgo.




















