À Toulouse aujourd’hui, Marine Tondelier, n° 1 des Écologistes, a dit attendre des explications de LFI après la mort du militant nationaliste à Lyon et l’implication du mouvement « antifa » la Jeune Garde. Pour elle, aux municipales, les relations avec le parti de Jean-Luc Mélenchon sont déjà rompues.
« Les Écologistes condamnent toutes les violences politiques. » En visite à Toulouse aujourd’hui pour soutenir la liste de François Briançon (PS, Écologistes et alliés), Marine Tondelier a dénoncé la stratégie « de confrontation » de LFI aux municipales.
Après le drame de Lyon, LFI est-elle devenue infréquentable ?
Je ne suis pas l’avocate de La France insoumise. C’est à eux de s’expliquer clairement sur leurs liens avec la Jeune Garde. Il y a une situation assez floue et je serai très attentive à ce qu’ils diront.
Mais vous, quelles conséquences tirez-vous ?
À Toulouse, il y a une union très large de la gauche et des Écologistes et LFI est seul en face de nous. Et dans toutes les villes écologistes, ils ont présenté des listes contre nous. Leur stratégie est celle d’une confrontation permanente avec le reste de la gauche et des écologistes. Donc de fait, nous ne travaillons pas ensemble.
Peut-il encore y avoir une alliance de second tour avec LFI ?
J’ai été une artisane du Nouveau Front populaire et je ne regrette rien. Si on ne l’avait pas fait, Jordan Bardella serait à Matignon. Nous avons continué à travailler à l’union avec les socialistes et d’autres partenaires. La France insoumise a fait le choix de l’isolement. Sur certaines positions, on ne peut pas les rejoindre. Donc, on n’est pas d’accord. À Marseille, Sébastien Delogu (LFI) n’a qu’un but et il le dit : que Benoît Payan (PS) ne soit plus maire. Sauf que Benoît Payan et le candidat RN sont au coude à coude. À Paris, dans ses tracts, Sophia Chikirou (LFI) rend personnellement responsable Emmanuel Grégoire, le candidat PS, de tel ou tel abus sexuel et de la noyade d’un enfant. C’est terrible de faire ça. Nous, on ne se trompe pas de combat.
Il y a un an, vous souteniez la Jeune Garde. Est-ce encore le cas ?
À l’époque, le maire de Lyon avait alerté sur les affrontements de rue de plus en plus fréquents. Et il demandait de l’aide au ministère de l’Intérieur. La Gay Pride par exemple avait recours à la Jeune Garde pour protéger sa manifestation parce que l’État ne le faisait pas. C’est ça la réalité à Lyon. Quand j’ai vu la demande de dissolution de la Jeune Garde, j’ai dit à Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur : il ne peut pas y avoir deux poids deux mesures. On ne peut pas dissoudre que les groupes violents opposés à votre bord politique. Et surtout, on n’avait pas les preuves.
Vous êtes contre la LGV mais la liste que vous soutenez à Toulouse est pour. Comment expliquez-vous ce grand écart ?
La LGV, je suis contre. Et l’A 69 aussi. C’est la position historique de notre mouvement. Ce qui n’empêche pas de travailler avec des partenaires quand il s’agit de faire basculer une ville. Les Toulousains vivent depuis des années dans une ville de droite alors qu’elle devrait être à gauche. Et ça se traduit par des repas bio et locaux dans les cantines en moins, par des pistes cyclables qui n’existent pas, des îlots de verdure pas créés… Est-ce parce qu’on n’est pas d’accord sur tel projet, on ne travaille plus jamais ensemble et on condamne les Toulousains à vivre sous des politiques de droite ? Non.
Le candidat Insoumis affirme que c’est lui la liste écologiste…
Je reconnais bien là leur modestie. Il y a un logo Écologiste. Il est sur une liste et on sait pourquoi. L’outrance en politique, je préfère en rigoler.























