Responsable des sapeurs-pompiers de la Haute-Garonne, le contrôleur général Sébastien Vergé s’inquiète des risques que courent ses personnels lors de leurs interventions alors qu’un procès pour l’agression de pompiers a lieu ce jeudi à Toulouse.
Est-ce que les agressions des sapeurs-pompiers sont en hausse ?
Elles sont stables depuis 2023 avec une quarantaine de cas par an. Nous avions connu une forte augmentation de 50 % entre 2021 et 2023. Depuis, la stabilité prédomine autour de 40 cas par an. Mais la violence de ces actes augmente. En janvier, nos hommes ont vraiment eu peur de mourir. Pourtant, ils intervenaient simplement pour porter secours à un homme suicidaire.
Où, à quelles occasions interviennent ces agressions ?
N’importe quand ! Sur des secours, les pompiers peuvent être agressés n’importe où. Ce n’est plus lié aux cités difficiles de Toulouse comme cela arrivait trop souvent voilà une quinzaine d’années. Aujourd’hui, des personnes virulentes et violentes, nous les croisons aussi bien dans le Comminges, le Lauragais ou Toulouse. Bien sûr, l’importance démographique de l’agglomération toulousaine rend les agressions plus nombreuses dans et autour de Toulouse.
Est-ce que l’analyse des incidents permet de distinguer des facteurs de risque ?
Nous savons, et nos sapeurs aussi, que les violences intrafamiliales, les personnes alcoolisées ou droguées, les personnes déséquilibrées constituent des risques potentiels. Nous avons mis en place des formations pour aider nos agents à repérer les signes avant-coureurs qui doivent nous alerter. Mais quand un individu se précipite couteau en main au départ de l’intervention, impossible de prévoir.
Allez-vous généraliser les caméras-piéton et les gilets pare-lame ?
Ces équipements sont déjà en dotation mais, en effet, nous allons augmenter les attributions. Les caméras sont en test, comme dans onze autres départements, depuis déjà deux ans. Il semble qu’elles permettent de calmer les choses mais leur utilisation, limitée, fragilise le retour d’expérience. Pour les gilets pare-lame, nous encourageons les sapeurs à les porter dans le cas d’intervention dite à risque. Cela doit devenir un réflexe.
Les pompiers viennent au secours. Comment réaliser les risques encourus ?
C’est la difficulté de cette réalité qui ne concerne pas seulement la Haute-Garonne. Notre rôle de Saint-Bernard, venir au secours reste notre mission quotidienne. Mais nous devons prendre conscience que nous pouvons, aussi, être mis en danger.






















